Mort de la petite Kléony : Trente ans de réclusion pour le beau-père, quatre ans ferme pour la mère

CONDAMNATION Cédric R. a également été condamné pour viol, tentative de viol et agressions sexuelles sur l’aînée de 14 ans

G. N. avec AFP
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La cour d'assises de la Somme, à Amiens
La cour d'assises de la Somme, à Amiens — Thibaut Chevillard

Le beau-père de Kléony a été condamné vendredi à trente ans de réclusion criminelle pour les « actes de torture et de barbarie » qui avaient entraîné la mort de la fillette de quatre ans en 2018, des violences répétées sur ses frères et sœurs et le viol de l’aînée. Une peine de cinq ans d’emprisonnement dont quatre ferme a été infligée à la mère des cinq enfants – âgés de 2 à 14 ans au moment des faits – pour des violences commises sur tous exceptée la plus jeune, « habituelles pour deux d’entre eux », et pour n’avoir ni dénoncé ni empêché les crimes de son compagnon.

A l’issue de ce procès à huis clos devant la Cour d’assises de la Somme, Cédric R., âgé de 34 ans aujourd’hui, a été reconnu « coupable » pour l’ensemble des accusations qui pesaient contre lui, soit les actes mortels, mais aussi des « actes de torture et de barbarie » aggravés perpétrés sur les trois aînés pendant près de deux mois, et des violences habituelles aggravées, en récidive légale, sur l’ensemble de la fratrie pendant plus de six mois.

Un traumatisme crânien grave

Il est également condamné pour viol, tentative de viol et agressions sexuelles sur l’aînée de 14 ans. Sa peine de trente ans de réclusion a été assortie de vingt ans de sûreté. Retrouvée inconsciente vers minuit le 22 novembre 2018, après un appel de la mère, Kléony décède deux jours plus tard, victime d’un traumatisme crânien grave et couverte d’ecchymoses.

Le jour du drame, les policiers remarquent le visage tuméfié du frère et le bras plâtré d’une sœur. Immédiatement placés, les enfants racontent à leurs éducateurs, puis aux enquêteurs, les sévices réguliers infligés à tous par leur beau-père et le calvaire de Kléony.

Des coups avec un extincteur ou un balai

Selon les trois aînés, les violences avaient commencé peu après l’emménagement de Cédric R. au domicile familial à Amiens en janvier, s’intensifiant après leur déménagement à l’automne. Ils ont notamment relaté des coups de pied, de poing, avec des objets comme un extincteur ou un balai, des privations de sommeil et de nourriture, des projections au sol ou contre des murs.

D’après eux, Cédric R. avait battu Kléony dès le matin du 21 novembre, lui infligeant coups de poing au thorax, étranglements suivis de chutes violentes et douche froide. Il aurait tenté de l’enfermer dans la machine à laver. Déjà condamné à 18 reprises pour divers délits dont des violences sur mineur, Cédric R. était recherché par la justice au moment du drame.

« Les peines sont justes, proportionnées, même si les enfants espéraient une perpétuité pour lui. Ce qui était très important pour eux, c’est d’être reconnus en qualité de victimes. […] J’espère qu’ils pourront maintenant avancer », a réagi auprès de l’AFP l’avocate de la fille aînée, Me Caroline Jean. « Dans ce dossier, on a une mère qui n’a pas su protéger ses enfants, alors qu’elle a eu de nombreuses fois l’opportunité de dénoncer, et un beau-père qui a été d’une violence inouïe, un véritable bourreau », a-t-elle ajouté. Julie V. « accepte la décision de la cour » et ne fera pas appel, a assuré son avocate Me Messaouda Yahiaoui. L’avocate de Cédric R. était injoignable dans l’immédiat.