Militaires attaqués au Louvre : L’assaillant confirme son allégeance à Daesh mais nie avoir voulu tuer

PROCES L’accusé a assuré qu’il voulait à l'origine détruire des œuvres d’art

20 Minutes avec AFP

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L'homme qui a attaqué des militaires au Louvre en 2017 nie avoir voulu tuer.
L'homme qui a attaqué des militaires au Louvre en 2017 nie avoir voulu tuer. — CELINE BREGAND/SIPA

Jugé depuis ce lundi par la cour d’assises spéciale de Paris pour « tentative d’assassinats terroriste » et « association de malfaiteurs terroriste criminelle », l'assaillant du Carrousel du Louvre a reconnu avoir fait allégeance à Daesh avant son passage à l’acte. Abdalla El Hamahmi qui avait attaqué le 3 février 2017 des soldats à la machette, a été longuement interrogé sur les raisons qui l’ont conduit à s’en prendre à ces militaires.

Ce matin-là, dans la galerie marchande du célèbre musée, ce père de famille égyptien, alors âgé de 29 ans, se précipite, armé de deux machettes, vers une patrouille du dispositif Sentinelle, en criant « Allah Akbar » (« Dieu est le plus grand »). Lors des interrogatoires qui suivent son interpellation, l’assaillant explique qu’il voulait initialement saccager des œuvres du Louvre afin d’alerter « le monde occidental » sur les enfants qui meurent « chaque jour » dans la guerre en Syrie.

« Je voulais casser la statue la Vénus de Milo »

Il s’était présenté dans un premier temps comme un partisan de Daesh avant de revenir sur ses propos, affirmant avoir agi seul et évoquant un « projet personnel ». Interrogé mardi sur ce point, il est revenu sur cette version, reconnaissant avoir voulu rejoindre – en vain – le califat de Daesh en Syrie et faute d’y être parvenu avoir souhaité « faire quelque chose » en France en raison de la « politique menée en Syrie » par Paris. Il a également reconnu avoir fait allégeance à l’organisation djihadiste, peu avant son passage à l’acte, dans une vidéo, évoquée dans une note de la DGSE et dont il avait contesté précédemment l’authenticité. Son attaque n’a cependant jamais été revendiquée par Daesh.

« Je voulais casser la statue la Vénus de Milo » et détruire « deux peintures de Leonard de Vinci ainsi qu’un tableau d’un peintre très connu dont j’ai oublié le nom », a-t-il assuré en arabe, via une interprète, depuis le box des accusés. « Je voulais exclusivement porter atteinte aux biens mais je n’ai jamais voulu porter atteinte à aucun être humain », a-t-il insisté, en assurant n’avoir acheté et utilisé les deux machettes que dans un objectif « défensif » pour pouvoir notamment se frayer un chemin jusqu’aux œuvres. « Je voulais commettre une action qui ait un immense impact en détruisant des tableaux aussi célèbres et aussi chers, aussi précieux. (…) C’était mon but pour moi la destruction allait avoir un impact mondial retentissant ».

« Ce n’était pas une déclaration de guerre »

Mais le président de la cour, Laurent Raviot, multiplie les questions : pourquoi, si l’objectif était de s’attaquer à des œuvres, ne pas s’être interrompu en tombant sur les militaires et ne pas avoir fait demi-tour ? « A ce moment précis, je n’avais plus de place pour la réflexion, il fallait que j’y aille, j’avais l’impression que j’étais comme un robot, téléguidé je marchais sans réfléchir », répond l’accusé dont la barbe fournie dépasse de son masque de protection anti-Covid.

Quant au cri « Allah Akbar » lancé plusieurs fois lors de l’attaque au cours de laquelle un militaire a été blessé au cuir chevelu et l’assaillant grièvement blessé par des tirs de riposte, « ce n’était pas une déclaration de guerre », soutient-il. « Ça a une extrêmement grande signification pour les musulmans, ça veut dire que Dieu est plus grand que tout », ajoute-t-il. « Quand j’ai vu les militaires, j’ai été surpris je ne m’attendais pas qu’ils soient à cet endroit-là et je me suis dit que je vivais peut-être les 10, 15 dernières secondes de ma vie, j’étais déjà mort, je savais qu’ils allaient me tirer dessus et c’est ce qui s’est passé ». Le procès doit se poursuivre jusqu’à jeudi.