Affaire Troadec : Un procès hors norme qui craint l’intrusion du coronavirus

ASSISES La justice a mis en place des mesures strictes pour ne pas avoir à interrompre le procès d’assises qui s’ouvre ce mardi

F.B. et J.U. (avec AFP)
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La cour d'assises de Loire-Atlantique, au premier jour du procès Troadec.
La cour d'assises de Loire-Atlantique, au premier jour du procès Troadec. — J. Urbach/ 20 Minutes
  • Les époux Troadec et leurs deux enfants ont été tués dans la nuit du 16 au 17 février 2017 à Orvault.
  • Hubert Caouissin, 50 ans, est jugé à partir de mardi pour meurtres et atteinte à l’intégrité de cadavres.
  • Le procès de la cour d'assises de Loire-Atlantique doit s'achever le 9 juillet.

C’est un procès exceptionnel, extrêmement médiatique, prévu pour durer trois semaines. Le procès d’assises du quadruple meurtre de la famille Troadec débute ce mardi à Nantes. Et dans un contexte sanitaire qui demeure sensible, l’organisation relève du casse-tête pour la justice qui souhaite à tout prix éviter une interruption pour cause de Covid-19. « L’objectif, c’est que l’audience puisse se tenir quoi qu’il arrive », explique Emmanuelle Proteau, cheffe de cabinet du procureur de Nantes.

Pas facile quand on sait que près de 70 journalistes sont accrédités, que 18 témoins et experts sont cités et qu’une vingtaine de personnes se sont portées partie civile. Sans compter le public et les professionnels de la justice. Le tout sur trois semaines d’audience.

Deux salles supplémentaires aménagées

Première précaution : une entrée spéciale a été aménagée au palais de justice de Nantes pour accueillir la presse et le public souhaitant assister à ce procès hors norme. Avec une jauge limitée à 65 %, la salle d’assises ne pourra accueillir que 79 personnes. Deux autres salles ont donc dû être aménagées pour retransmettre les débats : une salle de presse de 24 places et une salle pour le public (117 places) construite spécialement pour l’occasion dans l’immense salle des pas perdus. Ce mardi matin, elle était bondée.

Au premier jour du procès Troadec
Au premier jour du procès Troadec - J. Urbach/ 20 Minutes

Port du masque, sens de circulation, gel hydroalcoolique et lingettes ont été également prévus par les services judiciaires, et les filtres de la ventilation changés en début de crise sanitaire.

Des jurés et magistrats suppléants, au cas où

Pour la cour d’assises elle-même, qui doit siéger 14 jours, six jurés suppléants seront tirés au sort (en plus des six titulaires) pour pallier une éventuelle absence. La justice ne peut pas réclamer de certificat de vaccination ou de test PCR aux jurés, qui sont susceptibles de se contaminer en rentrant chez eux, le soir ou le week-end. « On compte sur leur civisme, leur sens des responsabilités », explique Emmanuelle Proteau. « Au moindre doute, on leur demandera de se faire porter pâle. »

Des précautions ont également été prises du côté des quatre magistrats professionnels (dont un suppléant) qui composent la cour. L’une des magistrates a déjà présidé une cour d’assises et pourra remplacer la présidente en titre en cas de maladie. Deux avocats généraux et deux greffières siégeront aussi au procès.

Rare exception au protocole sanitaire, les avocats devraient pouvoir faire tomber le masque lors de leur plaidoirie.