Procès: Un homme condamné pour avoir diffusé la vidéo d'un policier blessé dans l'attaque terroriste de Colombes

JUSTICE Le tribunal de Nanterre a condamné à huit mois de prison un jeune homme qui avait diffusé sur Snapchat la vidéo d'un policier blessé lors de l'attaque terroriste à Colombes, en 2020

20 Minutes avec AFP

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En avril 2020, un homme a délibérément percuté deux motards à Colombes, dans les Hauts de Seine
En avril 2020, un homme a délibérément percuté deux motards à Colombes, dans les Hauts de Seine — DR

Les images, diffusées sur Snapchat, étaient devenues virales. Le tribunal correctionnel de Nanterre a condamné à huit mois de prison un homme de 23 ans pour avoir filmé puis diffusé sur  Snapchat la vidéo d'un policier blessé lors de l'attaque terroriste de Colombes en 2020. Ces huit mois pourront être aménagés par le juge d'application des peines. Le parquet avait requis douze mois d'emprisonnement.

On apercevait sur la vidéo un policier en sang, à terre, victime d'un automobiliste l'ayant volontairement percuté, lui et son collègue, le 27 avril 2020. «Je m'excuse d'avoir diffusé cette vidéo. C'est juste quelque chose que j'ai vécu et qui m'a choqué», a assuré jeudi à la barre Massale T. «Dans ma tête, j'étais en mode : «c'est incroyable». J'ai cru assister à un accident.»

«Je ne suis pas poursuivi pour non assistance à personne en danger»

«Mais normalement, quel réflexe on a quand on voit une personne blessée ?», lui a demandé la présidente de la chambre. «On l'aide, mais là il y avait déjà une dizaine de policiers qui l'aidaient. Je ne suis pas poursuivi pour non assistance à personne en danger !», a relevé Massale T. Il était jugé à Nanterre pour «diffusion de l'enregistrement d'images relatives à la commission d'une atteinte volontaire à l'intégrité de la personne». Une infraction passible de cinq ans d'emprisonnement et 75.000 euros d'amende.

«J'ai juste filmé ce qu'il se passait, et dès que j'ai vu que y'avait le policier en sang à terre, j'ai coupé, ça m'a tellement choqué», a poursuivi Massale T., notant que sur sa vidéo de «huit secondes», il y en a «seulement une avec le policier». Haussant le ton, la présidente lui a reproché d'avoir publié la vidéo. «Vous comprenez, Monsieur, qu'on ne diffuse pas tout ? Qu'il y a une question d'humanité ?». «Ça, Madame, maintenant je l'ai compris», lui a assuré le jeune homme, qui n'a pas souhaité être représenté par un avocat.

Lors de ses réquisitions, le parquet avait dénoncé une «absence totale de compassion» face à «un policier dans une mare de sang», par un jeune homme «très défavorablement connu de la justice». Massale T. devra payer 4.000 euros de dommages et intérêts au policier filmé, qui était absent à l'audience.