Affaire Steve Maia Caniço : Le commissaire, l'ancien préfet et la maire de Nantes convoqués par la justice

ENQUETE Ces auditions peuvent aboutir « à une mise en examen ou au placement sous le statut de témoin assisté »

J.U.

— 

Lors d'un rassemblement à l'appel du collectif Justice pour Steve à Nantes
Lors d'un rassemblement à l'appel du collectif Justice pour Steve à Nantes — S. Salom Gomis/ SIPA
  • Plusieurs personnes vont être convoquées par le juge d'instruction au mois de juillet, deux ans après la chute mortelle de Steve dans la Loire à Nantes.
  • Parmi elles figure notamment le commissaire qui a dirigé l'opération d'évacuation sur le quai Wilson.

Près de deux ans après la mort de Steve Maia Caniço, ce jeune homme noyé dans la Loire à Nantes le soir de la fête de la musique, l’enquête se poursuit. Selon Philippe Astruc, le procureur de la République de Rennes où l’affaire a été dépaysée, plusieurs personnes vont être convoquées par le juge d’instruction au mois de juillet. Parmi elles figure le commissaire qui a dirigé l’opération d’évacuation du quai Wilson, mais aussi le directeur départemental de la sécurité publique de Loire-Atlantique par intérim, en place le soir du drame.

La maire de Nantes Johanna Rolland, l’adjoint en charge de la sécurité au moment des faits, les anciens préfet Claude d’Harcourt et sous-préfet ont aussi reçu une convocation. La mairie de Nantes et Nantes Métropole devront également s’expliquer « en qualité de personnes morales », indique Philippe Astruc, qui précise que ces auditions peuvent aboutir « à une mise en examen ou au placement sous le statut de témoin assisté ».

La chute de Steve a bien eu lieu « dans le temps de l’intervention »

Le procureur annonce également que les investigations ont permis de « déterminer l’horaire et le lieu très précis de la chute de la victime dans la Loire ». Il indique que le jeune Steve est tombé dans la Loire à 4 heures et 33 minutes, « soit dans le temps de l’intervention de la police nationale (s’étant déroulée en plusieurs phases d’affrontements entre 4 heures 24 et 4 heures 52) ». Un élément très important « pour pouvoir entamer le débat autour des responsabilités », avait expliqué Philippe Astruc lors de la reconstitution. A noter que c’est l’heure à laquelle le téléphone de la victime avait arrêté de borner.

Trois informations judiciaires « contre X » sont instruites à Rennes. L’une pour « homicide involontaire » concernant le décès de Steve Maia Caniço, l’autre pour « mise en danger de la vie d’autrui », concernant l’intervention policière, et la troisième, pour violences sur « personne dépositaire de l’autorité publique » s’agissant de la prise à partie des forces de l’ordre.