Haute-Garonne : De la prison avec sursis requise contre Thaïs d’Escufon, l’ex-égérie de Génération identitaire

ULTRA DROITE L’étudiante toulousaine et un autre militant du groupuscule Génération identitaire, dissous depuis, étaient jugés pour avoir posté des vidéos de leurs patrouilles « antimigrants » dans les Pyrénées

20 Minutes avec AFP

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Thaïs d'Escufon, de son vrai nom Anne-Thaïs du Tertrre d'Escœuffant, en  anvier 2021 lors d'une manifestation contre la dissolution de Génération identitaire.
Thaïs d'Escufon, de son vrai nom Anne-Thaïs du Tertrre d'Escœuffant, en anvier 2021 lors d'une manifestation contre la dissolution de Génération identitaire. — Bertrand Guay - AFP
  • Deux militants de l’ultra droite étaient jugés ce mercredi à Saint-Gaudens, au sud de Toulouse, après avoir posté des vidéos d’une opération antimigrants dans les Pyrénées.
  • Thaïs d’Escufon, étudiante toulousaine et ex-porte-parole de Génération identitaire, ne s’est pas présentée à l’audience.
  • Le tribunal rendra sa décision le 9 septembre.

Quatre mois de prison avec sursis et 4.000 euros d’amende ont été requis ce mercredi à l’encontre de Thaïs d’Escufon et Jérémie Piano, deux ex-militants de Génération identitaire, jugés pour avoir posté des vidéos de l’opération « antimigrants » menée avec leurs camarades le 20 janvier, dans les Pyrénées, à la frontière espagnole. Aucun des deux prévenus de s’est présenté à l’audience devant le tribunal correctionnel de Saint-Gaudens, en Haute-Garonne, l’une étant retenu par des obligations professionnelles, l’autre « sur une campagne électorale dans le Nord ».

L’étudiante toulousaine de 21 ans, Anne-Thaïs du Tertre d’Escœuffant de son vrai nom, était la porte-parole très médiatique de Génération identitaire jusqu’à sa dissolution début mars. Dans cette affaire, elle est poursuivie pour « injures publique ». Dans ses réquisitions, le procureur de République de Saint-Gaudens, Christophe Amunzateguy, a expliqué avoir retenu ce délit en raison de la vidéo postée sur YouTube par la militante. Il considère qu’elle a « stigmatisé » les migrants en affirmant qu’il était « scandaleux qu’un migrant puisse traverser la frontière », suggérant que cela constituait un danger.

Provocation à la haine raciale

Jérémie Piano était quant à lui poursuivi pour « provocation à la haine raciale ». Dans la vidéo qu’il a postée il évoquait « des milliers de clandestins déjà en France » dont « probablement des voleurs, des violeurs et des terroristes en puissance ».

Pierre-Vincent Lambert, l’avocat des deux militants a rappelé que l’opération pyrénéenne faisait suite « à l’attentat qui a coûté la vie à Samuel Paty » et à celui de « la basilique Notre-Dame de l’Assomption à Nice ». Il a regretté « la criminalisation du discours anti-immigration ».

Le tribunal doit rendre sa décision le 9 septembre.