Nice : Une enquête ouverte après la plainte d’un jeune homme traité de « barbu » dans un film Netflix

STREAMING Le plaignant, un électricien de 22 ans, a porté plainte pour « provocation publique à la discrimination à la haine raciale »

F.Bi. avec AFP

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Netflix sur un téléphone (Illustration)
Netflix sur un téléphone (Illustration) — ROMAIN DOUCELIN/SIPA

La justice prend l’affaire au sérieux. Une enquête a été ouverte après la plainte d’un jeune électricien niçois, filmé à son insu à Nice et qualifié de « barbu » dans le film Sentinelle, diffusé sur Netflix, a indiqué le parquet de Nice ce mardi. Le plaignant avait porté plainte le 1er juin, pour « provocation publique à la discrimination, à la haine raciale ».

Le plaignant, qui affirme avoir été filmé à son insu, envisage également une action civile pour « exploitation d’image à des fins commerciales sans autorisation ».

Tourné en 2019 et diffusé en mars 2021 sur la plateforme Netflix, le film Sentinelle comporte un passage dans lequel l’héroïne du film, une militaire en poste à Nice, observe dans la lunette de son fusil deux jeunes hommes se saluer sur la Promenade des Anglais.

« Très connoté »

La scène est accompagnée dans la version « audiodescription » de l’explication suivante : « Deux jeunes barbus munis de sacs à dos se serrent la main et se séparent ».

« C’est un terme très connoté, surtout dans ce contexte de surveillance et de terrorisme », pointait son avocat Me Jean-Pascal Padovani, dès samedi, auprès de 20 Minutes. Le 14 juillet 2016, un Tunisien de 31 ans, Mohamed Lahouaiej Bouhlel, avait fait 86 morts et plus de 400 blessés en fonçant dans la foule sur le front de mer niçois au volant d’un camion.

Netflix, visé par la plainte en tant que diffuseur, a modifié depuis l’audiodescription de son film pour en supprimer ce terme de « barbus ». Contactée par 20 Minutes, la direction de la communication de la plateforme en France n’a pas donné suite.