Meurtre d’Elodie Kulik : Willy Bardon plaide de nouveau « non coupable » en appel

DEFENSE En première instance, Willy Bardon a été condamné à trente ans de réclusion criminelle pour l’enlèvement, le viol et la mort d’Elodie Kulik en 2002

20 Minutes avec AFP

— 

Willy Bardon à l'ouverture de son procès en appel, à Douai le 14 juin 2021.
Willy Bardon à l'ouverture de son procès en appel, à Douai le 14 juin 2021. — AFP

A l’ouverture de son procès en appel, Willy Bardon a choisi de ne pas changer sa ligne de défense. Condamné en décembre 2019 à trente ans de réclusion criminelle pour l’enlèvement, le viol et la mort d’Elodie Kulik en 2002, il a de nouveau clamé lundi son innocence devant la cour d’assises du Nord à Douai. La défense a par ailleurs demandé en vain un renvoi, avant de réclamer la remise en liberté de l’accusé pour la durée du procès, également rejetée par la cour.

La personnalité contrastée de l’accusé, difficile à saisir au regard des échos dissonants de ses proches qui le décrivent pour certains comme « bon, gentil », pour d’autres comme un « magouilleur, flambeur » et « dragueur » invétéré, a rapidement occupé le centre des débats. « Enfin ! Willy Bardon est malheureux depuis sept ans, moi ça va faire vingt ans », s’était ému quelques minutes avant l’audience, le père de la victime, Jacky Kulik, brandissant un large portrait de sa fille, morte à 24 ans. « J’espère qu’il aura au minimum la même (peine), voire davantage ».

Un coup de téléphone glaçant

Le 11 janvier 2002, Elodie Kulik, directrice d’une agence bancaire, était retrouvée dénudée et partiellement calcinée à Tertry dans la Somme, à six kilomètres de sa voiture accidentée. Avant de mourir, elle avait appelé les secours, un enregistrement glaçant de 26 secondes considéré comme la pièce maîtresse du dossier, où ses hurlements se mêlent à au moins deux voix d’hommes. L’un d’eux a été confondu par son ADN. Décédé en 2003, cet agresseur présumé, Grégory Wiart, n’a pas pu être jugé.

Membre du cercle intime de Grégory Wiart, Willy Bardon, ancien plombier et tenancier de bar, était placé en garde à vue en 2013 avec sept proches. Plusieurs assuraient alors reconnaître sa voix dans l’enregistrement téléphonique. En chemise grise et crâne rasé dans le box, l’accusé de 46 ans a lundi, comme depuis sa première interpellation, plaidé « non coupable ».

« Y a-t-il deux Willy Bardon ? », a lancé lundi soir l’avocat des parties civiles, Me Didier Seban, interrogeant l’enquêtrice de personnalité. La découverte, au moment de l’enquête, « d’une relation cachée » avec la compagne de son neveu « a changé la perception » des proches, a analysé l’enquêtrice. « Il est bon, gentil, généreux », a par contre dit à la barre sa compagne au moment des faits. « Je ne connaissais pas » l’homme décrit par les gendarmes, a-t-elle ajouté.

« J’avais une grande gueule (…) j’aime bien boire un coup », mais « je ne suis pas le premier à avoir une maîtresse », a réagi dans le box Willy Bardon. L’un de ses avocats, Me Gabriel Dumenil, a déploré qu’on « fasse le rapprochement entre cette double vie amoureuse » et « le fait qu’il ait pu mentir » sur les faits qui lui sont reprochés. « Dans cette affaire, il y a tellement peu de preuves matérielles (…) qu’on s’attache à des petits éléments » de la vie quotidienne, a-t-il commenté plus tard auprès de la presse. « Mais il est innocent et on le démontrera ».