Seine-Saint-Denis : Le verdict avait fuité sur Snapchat, trois personnes jugées

PROCES Trois personnes comparaissent ce lundi devant le tribunal correctionnel de Bobigny, soupçonnées pour l’un d’avoir violé le secret du délibéré, pour les deux autres d’avoir intimidé ce juré

C.P.

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Le verdict avait fuité sur Snapchat
Le verdict avait fuité sur Snapchat — Isopix / Sipa
  • Le 7 février 2019, le verdict de la cour d’assises de Bobigny a circulé sur Snapchat avant son annonce.
  • Trois personnes, soupçonnées pour l’une de l’avoir fait fuiter, et pour les deux autres d’avoir cherché à l’intimider, comparaissent ce lundi devant le tribunal correctionnel de Bobigny.

Le 7 février 2019, l’ambiance est particulièrement pesante dans la cour d’assises de Bobigny. Après 15 jours d’un procès à haute tension au cours duquel huit personnes sont jugées pour des actes de torture sur fond de trafic de drogue, l’heure est au verdict. Mais lorsque la cour revient, après 11 heures de délibération, la surprise est double. Non seulement, deux des accusés contre lesquels 7 et 14 ans de prison étaient requis sont acquittés mais surtout, les peines ont commencé à circuler depuis déjà de longues minutes.

Trois personnes, soupçonnées pour l’une d’avoir fait fuiter ce verdict sur Snpachat et pour les deux autres d’avoir cherché à l’intimider, comparaissent ce lundi devant le tribunal correctionnel de Bobigny. Les investigations ont rapidement mené les enquêteurs de la PJ de Seine-Saint-Denis sur la piste de ces deux hommes, bien connus de leurs services et amis des deux accusés. Et pour cause : ces derniers, placés sur écoute dans le cadre d’une affaire distincte, ont évoqué à plusieurs reprises au cours du procès la possibilité de donner de l’argent à un juré, un jeune homme qu’ils connaissaient de vue et qu’ils ont reconnu lors de l’ouverture des débats.

Lourdement condamnés en appel

Si ce dernier a admis avoir fait fuiter le verdict, il n’était néanmoins que suppléant et ne pouvait donc pas participer au délibéré. Cette communication sur Snapchat relevait-elle de la maladresse ou a-t-il pu influencer les autres jurés qui avaient, eux, voix au chapitre ?

Certains ont affirmé aux enquêteurs que ce juré, au casier vierge, leur avait fait part à plusieurs reprises de sa conviction de l’innocence des deux accusés mais les investigations n’ont pas permis de mettre en lumière de pressions. Les deux autres prévenus affirment, de leur côté, avoir simplement cherché à prendre la température des débats. Quant aux deux hommes acquittés en première instance, ils ont finalement été condamnés en appel à des peines de 9 et 15 ans de prison.