Soupçons de financement libyen : Mimi Marchand a interdiction de contacter Nicolas Sarkozy

CONTROLE Mise en examen samedi, Mimi marchand ne peut également pas échanger avec l’avocat de Nicolas Sarkozy et avec le directeur de la rédaction du « JDD » et de « Paris Match »

20 Minutes avec AFP

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Mimi Marchand au Touquet le 22 avril 2017 (illustration).
Mimi Marchand au Touquet le 22 avril 2017 (illustration). — AFP

Pour pouvoir avancer sereinement, la justice ne veut prendre aucun risque d’une entente entre les protagonistes dans un volet de l’enquête sur des soupçons de financement libyen de la campagne présidentielle 2007 de Nicolas Sarkozy. Pour cela, Mimi Marchand, célèbre figure de la presse people mise en examen samedi dans ce dossier, a interdiction d’entrer en contact avec l’ex-chef de l’Etat, ont indiqué lundi deux sources proches du dossier.

Selon ces sources, confirmant une information de Mediapart, Mimi Marchand s’est également vu prononcer via son contrôle judiciaire une interdiction de contact avec l’avocat de Nicolas Sarkozy, Thierry Herzog, et avec le directeur de la rédaction du JDD et de Paris Match, Hervé Gattegno.

Mimi Marchand « conteste fermement les faits qui lui sont reprochés »

Mediapart affirme en outre qu’il existerait « des écoutes téléphoniques laissant apparaître que Mimi Marchand aurait rencontré Nicolas Sarkozy sur ce dossier et que l’ancien président aurait fait espérer un contrat à la femme d’affaires par le biais du groupe hôtelier Accor, dont il est l’un des administrateurs ».

L’avocate de Mimi Marchand, Me Caroline Toby, a pour sa part indiqué qu’elle ne souhaitait faire « aucune déclaration, hormis le fait que (sa) cliente conteste fermement les faits qui lui sont reprochés ».

Takieddine versatile

Au terme de deux jours de garde à vue, la patronne de l’agence de paparazzi BestImage avait été mise en examen pour « subornation de témoin » et « association de malfaiteurs en vue de commettre une escroquerie en bande organisée ». L’enquête fait suite à un entretien accordé en novembre dernier par Ziad Takieddine à un journaliste de l’hebdomadaire Paris Match, qui s’était rendu au Liban avec un photographe de BestImage. Dans cette interview, il avait retiré ses déclarations contre Nicolas Sarkozy, alors qu’il l’accusait depuis des années d’avoir touché de l’argent pour sa campagne présidentielle de 2007 de la part du dirigeant libyen Mouammar Kadhafi.

Deux mois plus tard, interrogé par les juges d’instruction chargés du dossier libyen, l’intermédiaire, connu pour sa versatilité, avait prétendu que ses propos avaient été « déformés » par Paris Match, qui « appartient à un ami de Sarkozy ».