Attentat raté de Notre-Dame : La principale accusée condamnée à 30 ans en appel

PROCES La cour d'assises spéciale a confirmé la peine infligée en première instance à Inès Madani, 24 ans, mais en l'assortissant, cette fois, d'une période de sûreté

20 Minutes avec AFP
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Après l'attentat à Notre-Dame en 2017. (archives)
Après l'attentat à Notre-Dame en 2017. (archives) — MARTIN BUREAU / AFP

Trente ans de réclusion dont deux tiers de sûreté. Tel est le verdict rendu ce lundi par la cour d’appel de Paris à l’encontre de la djihadiste Inès Madani pour  l'attentat manqué aux bonbonnes de gaz près de Notre-Dame en septembre 2016. La cour d’assises spéciale a confirmé la peine infligée en première instance à la jeune femme de 24 ans, mais en l’assortissant, cette fois, d’une période de sûreté, conformément aux réquisitions de l’avocat général.

Inès Madani​, qui était âgée de 19 ans au moment des faits et qui avait fait appel de sa condamnation, n’a pas semblé réagir à l’énoncé du verdict, après près de cinq heures de délibérations. Dans ses derniers mots à la cour avant que celle-ci ne se retire pour délibérer, l’accusée, veste noire sur chemise blanche, cheveux bruns retenus en chignon, a assuré avoir « changé » et s’est présentée comme une « repentie ». « Aujourd’hui, je ne suis plus la même personne qu’il y a cinq ans », a-t-elle lancé, ajoutant « (regretter) sincèrement » les faits et « leur gravité ».

Mauvais choix de carburant

Ses avocats Daphné Pugliesi et Tewfik Bouzenoune avaient demandé vendredi à la cour « un peu d’espoir », avec une peine « un peu en dessous de trente ans, vu sa totale reconnaissance des faits, vu son jeune âge ». L’avocat général, Guillaume Portenseigne, avait au contraire estimé « totalement inconcevable » qu’Inès Madani, restée « loin d’une déradicalisation », « puisse être condamnée à moins de trente ans de réclusion criminelle » pour cette tentative d'« attentat de masse ».

Dans la nuit du 3 au 4 septembre 2016, Inès Madani et une autre djihadiste, Ornella Gilligmann – condamnée définitivement à 25 ans de réclusion – avaient garé une voiture contenant six bonbonnes de gaz devant la terrasse bondée d’un restaurant près de Notre-Dame de Paris, et avaient essayé de l’incendier avec du gasoil. Seul ce mauvais choix de ce carburant, difficilement inflammable, a permis d’éviter une explosion meurtrière.

Inès Madani a également été condamnée pour avoir, lors de sa cavale, tenté d’assassiner un policier de la DGSI. Elle avait été arrêtée, un couteau à la main, le 8 septembre 2016 à Boussy-Saint-Antoine (Essonne).