Bouches-du-Rhône : Trois procureurs déplorent le manque de moyens contre les féminicides

JUSTICE « La prison protège un temps, mais après… », dénoncent dans un communiqué commun les procureurs de la République de Marseille, de Tarascon et d'Aix-en-Provence

Mathilde Ceilles

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Dans une salle du tribunal de Marseille. (illustration)
Dans une salle du tribunal de Marseille. (illustration) — BERTRAND LANGLOIS / AFP

C’est officiellement une mission élevée au rang de grande cause nationale… mais qui peine à se concrétiser, à en croire les procureurs de la République de Marseille, de  Tarascon et Aix-en-Provence. Dans un communiqué de presse commun et quelque peu cinglant, Dominique Laurence, Laurent Gumbau et Achille Kiriakides déplorent le manque de moyens qui leur sont alloués pour pouvoir lutter contre les féminicides. « La prison protège un temps, mais après… », s’interrogent en chœur ces trois procureurs des Bouches-du-Rhône.

Et de déplorer un criant manque de moyens pour assurer leurs missions sur ces sujets : « Il faut des prises en charge pluridisciplinaires pour éviter la récidive, pour protéger efficacement les victimes. Le constat, c’est qu’aujourd’hui, les policiers sont en nombre insuffisant pour traiter ces enquêtes. Le constat, c’est qu’aujourd’hui, les magistrats sont en nombre insuffisant pour orienter finement ces dossiers. Le constat, c’est qu’aujourd’hui les conseillers d’insertion et de probation sont en nombre insuffisant pour assurer un suivi efficace des condamnés. »

« Il faut que dès demain, les parquets soient dotés de moyens humains supplémentaires, a minima des assistants spécialisés ou des juristes assistants, pour accomplir leur mission en ce domaine », réclament les trois procureurs dans ce texte.