Soupçons de financement libyen : Mimi Marchand mise en examen et placée sous contrôle judiciaire

ENQUETE La patronne de l'agence de paparazzi a passé 48 heures en garde à vue pour « subornation de témoin »

20 Minutes avec AFP

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Mimi Marchand en 2017 (illustration)
Mimi Marchand en 2017 (illustration) — Jacques Witt/SIPA

La patronne de l’agence de paparazzi BestImage Mimi Marchand, soupçonnée de « subornation de témoin » dans l'affaire des soupçons de financement libyen dans la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy en 2007, a été mise en examen et placée sous contrôle judiciaire ce samedi après deux jours de garde à vue, a-t-on appris aurpès de son avocate. « Elle conteste fermement les faits reprochés », a souligné Me Caroline Toby.

Michèle Marchand, surnommée « Mimi » dans le milieu de la presse people, avait été présentée à un juge d’instruction en vue dans une enquête pour « subornation de témoin » et « association de malfaiteurs », selon des sources proches du dossier  confirmant une information du Parisien.

Quatre autres gardes à vue

L’information judiciaire a été ouverte après un entretien accordé en novembre dernier par Ziad Takieddine à un journaliste de Paris Match, qui s’était rendu au Liban avec un photographe de BestImage.

Quatre autres personnes également placées en garde à vue ont aussi été déférées, selon une des sources proches du dossier. Trois de ces personnes sont le publicitaire Arnaud de la Villesbrunne, ancien directeur de l’agence Publicis, l’homme d’affaires Pierre Reynaud et Noël Dubus, un homme condamné pour escroquerie. Le journaliste de Paris Match, François de Labarre, avait aussi été placé en garde à vue jeudi mais il avait été libéré dans la soirée, sans poursuite à ce stade.

Dans cette interview accordée en novembre 2020, Ziad Takieddine avait retiré ses déclarations contre Nicolas Sarkozy, après dans un premier temps l’avoir accusé d’avoir touché de l’argent pour sa campagne présidentielle du dirigeant libyen Mouammar Kadhafi.

« La vérité éclate », avait immédiatement triomphé l’ancien chef de l’Etat.

Deux mois plus tard, interrogé le 14 janvier à Beyrouth par les juges d’instruction Aude Buresi et Marc Sommerer chargés du dossier libyen, l’intermédiaire, connu pour sa versatilité, avait déclaré qu’il ne confirmait « pas les propos » de l’entretien, prétendant qu’ils avaient été « déformés » par Paris Match, qui « appartient à un ami de Sarkozy ».

Selon Le Parisien, Noël Dubus, qui s’est rendu à deux reprises à Beyrouth pour y rencontrer M. Takeddine avant sa rétractation, aurait bénéficié de versements suspects, via M. Villesbrunne, qui était un des prestataires de la campagne présidentielle de M. Sarkozy. Selon Libération, l’homme d’affaire Pierre Reynaud aurait, quant à lui, avancé à M. Dubus des fonds à remettre à M. Takieddine.