Lyon : Dix-sept ans de prison pour le mari qui avait maquillé le meurtre de sa femme en suicide

CONDAMNATION Une peine de dix-sept ans de réclusion a été prononcée mercredi par la cour d’assises du Rhône à l’encontre de Pierre-Olivier Labastida, 32 ans, pour le meurtre de son épouse mexicaine, retrouvée morte au pied de leur immeuble à la Croix-Rousse

C.G. avec AFP
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Une cour d'assises, ici à Lyon (illustration).
Une cour d'assises, ici à Lyon (illustration). — ALLILI MOURAD/SIPA
  • Pierre-Olivier Labastida, 32 ans, a été condamné mercredi à 17 ans de prison pour le meurtre de sa jeune épouse, originaire du Mexique.
  • Le corps de la victime a été retrouvé en bas de son immeuble à la Croix-Rousse, un soir d’août 2018.
  • Le mari avait d’abord évoqué un suicide avant de passer aux aveux, deux jours plus tard, plaidant alors la thèse de la chute accidentelle.

Une peine de dix-sept ans de réclusion a été prononcée mercredi par la cour d’assises du Rhône à l’encontre de Pierre-Olivier Labastida, 32 ans, pour le meurtre de son épouse mexicaine, retrouvée morte au pied de leur immeuble à  Lyon.

La cour a également condamné l’accusé, qui est resté impassible à l’énoncé du verdict, à une interdiction de port d’arme pour une durée de quinze ans, et une peine de cinq ans d’inéligibilité.

« Il y a eu une volonté homicide, animée par la colère », a assuré plus tôt l’avocat général Philippe de Monjour, qui avait requis une peine de dix-huit ans de réclusion, en demandant au jury de ne pas suivre la thèse de l’accusé. Ce dernier invoque des violences sans intention de donner la mort, survenues lors d’une dispute.

Le 11 août 2018, dans le quartier de la Croix-Rousse, le corps de Jessica Astorga Carballo, 26 ans, était retrouvé au petit matin dans une mare de sang à l’aplomb de l’appartement conjugal.

Ancien toxicomane, le jeune mari avait tenté de maquiller la scène en suicide, affirmant aux policiers que son épouse s’était volontairement jetée par la fenêtre du troisième étage.

« Guet-apens affectif »

Une version qu’il avait changée 48 heures plus tard au commissariat où il s’était rendu, avouant une dispute dans la nuit avec la victime qu’il aurait voulu « calmer », puis aurait « maîtrisée » en lui serrant le cou. Il aurait ensuite transporté le corps, selon ses mots, avant de le faire basculer dans le vide.

« Le moment de la strangulation a duré longtemps », a insisté l’avocat général, rappelant que l’auteur a serré le cou de la victime au moins trois minutes, selon l’estimation des médecins légistes.

La veille des faits, le couple s’était rendu au domicile des parents du jeune homme, à Valence, pour parler divorce après plusieurs mois de difficultés conjugales. L’accusé, formateur en informatique, qui a nié toute intention homicide, a décrit une jeune femme instable et agressive, exerçant du chantage au suicide.

« Elle était tombée dans un guet-apens affectif », a répondu l’avocat de la famille de la victime, Me Raphaël Malleval, déplorant que « l’accusé ait passé son temps à dénigrer la victime, comme si c’était elle la responsable de sa propre mort ».