Mort de Clément Méric : L’ex-skinhead, « désolé », décrit un « guet-apens »

PROCES « C’est quelque chose qui me désole énormément », a déclaré mardi Esteban Morillo devant la cour d’assises de l’Essonne

20 Minutes avec AFP
Une manifestation antifasciste en 2014.
Une manifestation antifasciste en 2014. — SEVGI/SIPA

« C’est mon coup de poing qui l’a fait tomber », a reconnu mardi Esteban Morillo devant la cour d’assises de l’Essonne. Au sixième jour de son procès en appel, l’ex-skinhead accusé de lui avoir porté des coups mortels lors d’une rixe en 2013 a assuré être « désolé » mais a maintenu s’être défendu d’un « guet-apens ».

Le 5 juin 2013, à Paris, une bagarre éclate en pleine rue entre deux petits groupes de jeunes, skinheads et antifascistes, en marge d’une vente privée. Sept secondes fatales pour Clément Méric. Frappé au visage, le jeune de 18 ans s’effondre sur le bitume.

« C’est quelque chose qui me désole énormément »

« C’est mon coup de poing qui l’a fait tomber », a reconnu mardi Esteban Morillo devant la cour d’assises de l’Essonne. « C’est quelque chose qui me désole énormément, il aurait pu faire tellement de choses dans sa vie, c’est vraiment horrible », ajoute l’homme aujourd’hui âgé de 28 ans, qui a fait recouvrir ses tatouages nazis.

La carrure imposante sous son costume sombre, les cheveux attachés en queue-de-cheval, Esteban Morillo assure avoir « frappé par réflexe », s’estimant « attaqué ».

« Je l’ai vu s’avancer et par réflexe je l’ai frappé »

« On est d’accord que Clément Méric ne vous a porté aucun coup ? », lui demande l’avocate de la famille, Cosima Ouhioun. « Il a essayé, répond Morillo, 20 ans au moment des faits. Je l’ai vu s’avancer et par réflexe je l’ai frappé. J’étais encerclé ».

Esteban Morillo reconnaît deux coups portés à Clément Méric. D’abord pour « se dégager » alors que le militant antifasciste était « au milieu ». Puis quand il voit Clément Méric « prêt à (le) frapper », derrière lui. Cette fois, la victime tombe.

Condamné en première instance à onze ans de prison

« Pourquoi le frappez-vous au visage ? C’est dangereux… Pourquoi vous ne mettez pas plutôt des coups de pied pour le repousser ? », l’interroge Me Ouhioun. « J’essayais de me débattre, je ne faisais pas attention à où je frappais », se défend l’accusé.

Condamné en première instance en 2018 à onze ans d’emprisonnement pour violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner, Esteban Morillo a fait appel. Dans ce nouveau procès, l’ancien skinhead, aujourd’hui marié, encourt vingt ans de réclusion.