Corse : Dix-huit ans de prison pour un assassinat pour différend personnel

PROCES Jean-Dominique Carboni a été jugé coupable de l’assassinat de Karim Absi, alors qu’il a toujours nié les faits

20 Minutes avec AFP

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Le palais de justice d'Ajaccio. (archives)
Le palais de justice d'Ajaccio. (archives) — AFP

Un élagueur de 24 ans a été condamné vendredi soir par les assises d’Ajaccio à dix-huit ans de prison pour un assassinat lié à un différend personnel, commis en juin 2017 à Cargèse ( Corse-du-Sud). Jean-Dominique Carboni, qui a toujours nié les faits, a vu sa condamnation assortie d’une peine de sûreté de neuf ans. Le parquet avait requis vingt ans de réclusion criminelle. Le soir du 7 juin 2017, Karim Absi, âgé de 27 ans, avait été abattu chez lui. Condamné à sept ans de prison pour vol avec violences, l’homme, sous bracelet électronique, vivait dans un appartement au rez-de-chaussée d’une ruelle de Cargèse, village de 1.300 habitants.

Il passait sa soirée entre amis, fenêtre ouverte parée d’un simple voilage. A 21h40, un tir de chevrotine de calibre 12 mm l’atteignait au torse, le tuant quasi instantanément sans que personne n’ait vu l’auteur du coup de feu. L’enquête a un temps considéré la piste du crime organisé avant de l’abandonner. Karim Absi était en effet notoirement proche de Louis Carboni, condamné depuis 1976 à 18 reprises pour un total de cinquante ans de prison. Il était également proche de son fils Mickaël Carboni, lui-même condamné à deux reprises à huit ans de prison et acquitté en mars dernier pour un assassinat.

« Aucune preuve », dit la défense

Le soir des faits, figuraient parmi les invités de Karim Absi, son « amie d’enfance », Nina Colonna, compagne de Mickaël Carboni, qui s’est portée partie civile dans cette affaire. L’enquête va ensuite pencher pour un différend personnel. Jean-Dominique Carboni, neveu de Louis et cousin de Mickaël, aurait été ulcéré que Karim Absi ait porté un coup involontaire à sa cousine qu’il considérait comme « sa seconde mère » en avril 2017. Lors de cette altercation, il a menacé de mort la victime, et a, selon l’accusation, trois semaines plus tard, utilisé ses « qualités de chasseur » pour tuer la victime avant de rejoindre, sans être vu, son domicile à 140 mètres du lieu du crime.

« C’est lui qui a tué Karim Absi », a affirmé l’avocate générale, pointant un « faisceau d’éléments factuels », notamment des écoutes téléphoniques montrant sa tentative d’obtenir un alibi auprès de sa petite amie et les accusations d’un ami proche faites en garde à vue puis devant le juge d’instruction, avant qu’il se rétracte jeudi à la barre, assurant avoir « menti ». « Tous les principes d’une enquête équitable ont été bafoués », a assuré en défense Me Dominique Ferrari, martelant qu’il n’y avait « aucune preuve » contre son client.