Terrorisme : Neuf membres du groupuscule d'ultradroite OAS qui envisageaient une attaque contre Castaner devant la justice

PROCES Ils seront jugés en correctionnel pour « association de malfaiteurs terroriste »

20 Minutes avec AFP

— 

Neuf membres d'un groupuscule d'ultradroite qui se faisait appeler OAS, sont accusés d'avoir envisagé des attaques, potentiellement contre Christophe Castaner,
Neuf membres d'un groupuscule d'ultradroite qui se faisait appeler OAS, sont accusés d'avoir envisagé des attaques, potentiellement contre Christophe Castaner, — JP PARIENTE/SIPA

Les juges d’instruction antiterroristes ont renvoyé devant le tribunal correctionnel neuf hommes membres d’un groupuscule d’ultradroite. Le groupe qui se faisait appeler l’OAS, est accusé d’avoir envisagé des attaques, potentiellement contre des musulmans ou contre Christophe Castaner. Les individus seront jugés pour « association de malfaiteurs terroriste ». Trois des hommes, mineurs au moment des faits, passeront devant le tribunal pour enfants.

Trois d’entre eux, dont le chef autoproclamé du groupe, Logan Nisin, sont aussi renvoyés pour « vol en relation avec une entreprise terroriste », pour avoir dérobé une voiture. Logan Nisin, seul protagoniste de l’affaire toujours en détention provisoire, comparaîtra également pour « apologie du terrorisme ».

Des armes et des munitions saisies

Le 28 juin 2017, le jeune homme, alors âgé de 21 ans, avait été arrêté à Vitrolles (Bouches-du-Rhône). Fiché S depuis 2014 pour son appartenance à divers mouvements d’ultradroite, dont le Mouvement Populaire pour une Nouvelle Aurore (MNPA) ou encore l’organisation royaliste Action française, il animait notamment un groupe sur Facebook dénommé « Les Amis et Supporters d’ Anders Behring Breivik », l’auteur de la tuerie qui a fait 77 morts en Norvège en 2011, selon l’ordonnance des juges.

Lors d’une perquisition, les enquêteurs avaient saisi des armes et des munitions, ainsi que des documents qui révélaient qu’il était « à la tête » d’une structure dénommée Organisation des Armées Sociales, dont l’acronyme, OAS, était le même que celui de l’Organisation armée secrète, responsable d’une campagne sanglante contre l’indépendance de l’Algérie dans les années 1960.

Mélenchon, Castaner et des Kebabs pour cibles

En octobre 2017, huit membres du groupe étaient à leur tour interpellés et mis en examen pour association de malfaiteurs terroriste criminelle. Lors de sa garde à vue, Logan Nisin avait indiqué que le groupe avait envisagé de s’attaquer au chef de file de la France insoumise Jean-Luc Mélenchon pendant la présidentielle mais avoir abandonné sachant que celui-ci ne serait pas élu.

Il avait en revanche dit avoir ciblé le macroniste Christophe Castaner, à l’époque maire de Forcalquier, et avoir envisagé d’attaquer un marché aux puces, des restaurants à kebabs ou encore le chantier de la grande mosquée de Vitrolles. Mais le jeune homme avait aussi affirmé qu’après y avoir réfléchi, il avait conclu que les risques de mourir ou de finir en prison étaient bien trop élevés.

Tentation ou tentative ?

« On est vraiment dans ce dossier face à un énorme fantasme, où on mélange tentation et tentative », a réagi auprès l’avocat de Logan Nisin, Me Eric Bourlion, soulignant que la tentation relevait « d’une envie » et la tentative d’une « infraction pénale ».

La menace de l’ultradroite, qui a ressurgi en réaction à la vague d’attentats djihadistes, inquiète de plus en plus les autorités. Cinq autres informations judiciaires antiterroristes concernant cette mouvance depuis 2017 sont toujours en cours.