Procès Clément Méric : Deux ex-skinheads jugés en appel pour la mort du jeune antifasciste

VIOLENCE Ce mardi s’ouvre le procès en appel d’Esteban Morillo et de Samuel Dufour, tous deux condamnés en première instance pour la mort de Clément Méric, le 5 juin 2013 à Paris

Rachel Maxime avec AFP
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Un rassemblement en 2013 après la mort de Clément Méric. Deux anciens skinheads, condamnés pour sa mort, sont jugés en appel à partir du 25 mai 2021.
Un rassemblement en 2013 après la mort de Clément Méric. Deux anciens skinheads, condamnés pour sa mort, sont jugés en appel à partir du 25 mai 2021. — A. Gelebart / 20 Minutes

Condamnés à onze et sept ans de prison en première instance. Les anciens skinheads Esteban Morillo et Samuel Dufour sont jugés en appel à partir de ce mardi devant la cour d’assises de l'Essonne pour la mort de Clément Méric. Le 5 juin 2013 en fin de journée, alors que des groupes de jeunes militants d’extrême gauche et d’extrême droite​ se retrouvent au même moment dans le quartier de Saint-Lazare à Paris, une bagarre éclate. Clément Méric, 18 ans, meurt après avoir reçu un coup mortel au visage.

Lors du premier procès devant la cour d’assises de Paris, le puzzle des témoignages et des expertises n’avait pas permis de faire toute la lumière sur le déroulement précis des faits. Presque huit ans après les faits, les accusés reviennent une deuxième fois à la barre. En 2018, Esteban Morillo avait été condamné pour violences avec armes et en réunion ayant entraîné la mort sans intention de la donner – il avait reconnu avoir donné deux coups mortels –, et Samuel Dufour pour avoir empêché ses camarades de lui porter secours. Pour Jérôme Triomphe, avocat de la défense, plaider l’acquittement est le mieux car « Esteban et ses amis se sont défendus d’une attaque préméditée ».

La politique au cœur du conflit ?

Si les deux accusés considèrent cet acte comme de l’autodéfense face à des antifascistes en raison de leur position politique, l’avocat de la partie civile Me Cosma Ouhioun n’en pense pas moins. Cet argument n’empêche pas l’avocat de penser que « ce ne sont pas des opinions qu’on reproche » aux accusés, « ce sont leurs violences, et ces violences sont commises car ce sont des personnes [qui évoluent] dans une bulle où la violence est prônée ».

La fin du procès est fixée au 4 juin prochain.