Valérie Pécresse déboutée après avoir poursuivi en diffamation Act Up

RELAXE L’association de lutte contre le sida avait édité en 2018 des affiches avec le mot clé #pecressedelinquante

G. N. avec AFP

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Valerie Pécresse, ici le 19 mai, n'a pas été diffamée par Act Up, estime la justice.
Valerie Pécresse, ici le 19 mai, n'a pas été diffamée par Act Up, estime la justice. — PATRICK GELY/SIPA

Act Up a été relaxée vendredi de poursuites en diffamation intentées par Valérie Pécresse, pour une campagne de 2018 dénonçant la suppression de l’aide aux transports pour les étrangers en situation irrégulière bénéficiaires de l’Aide médicale d’Etat (AME). L’association de lutte contre le sida, représentée par son ancien président, avait comparu en avril pour des affiches, publiées en mai et juin 2018, sur lesquelles figurait un portrait de la présidente du conseil régional d’Ile-de-France, avec la mention « Avis de recherche » et le mot-clé #pecressedelinquante.

« Le FN en rêvait, Pécresse l’a fait ! Déjà 100 jours que Valérie Pécresse ne fait pas appliquer par Ile-de-France Mobilités le jugement du tribunal administratif l’obligeant à redonner le droit à la solidarité transports aux personnes bénéficiant de l’Aide médicale d’Etat » (AME), écrivait l’association. « Par cette décision, elle fait le lit de l’épidémie de VIH et se rend coupable d’interruptions de traitements et de nouvelles contaminations », clamait l’affiche.

Une mesure annulée par le juge administratif

Valérie Pécresse, également présidente d’Ile-de-France Mobilités, avait fait adopter dès son arrivée à la tête de l’exécutif régional une délibération « excluant du bénéfice de la réduction à 75 % des tarifs de transport les personnes en situation irrégulière ainsi que leur famille » bénéficiaires de l’AME. Au moment de la campagne d’Act Up, le tribunal administratif avait annulé cette délibération, après un recours d’élus, syndicats et associations, mais le conseil régional avait fait appel. L’annulation a plus tard été confirmée, forçant Valérie Pécresse à revenir sur la mesure.

« Je suis heureux que le tribunal ait admis la bonne foi d’Act Up et relevé que cette campagne s’inscrivait réellement dans un débat d’intérêt général », a réagi l’avocat de l’association, Me Tewfik Bouzenoune. Comme à l’audience, il a rappelé l’histoire et les actions « coups de poing » de l’organisation, « créée pour dénoncer l’inertie des politiques face à la montée du sida ». « Cela valide qu’elle est considérée comme un acteur du débat politique et que sa voix compte », s’est-il réjoui.

L’avocate de la partie civile, Me Vinciane De Sigy, n’était pas joignable vendredi. « Il y a une volonté de provocation qui à mon sens jette l’opprobre sur les intentions de Mme Pécresse », avait-elle plaidé à l’audience. « Il était tout à fait possible de critiquer la décision » sans « outrager ainsi et utiliser des termes excessifs ». Elle avait souligné que Valérie Pécresse avait formé des recours au moment des faits et qu’elle n’était donc pas dans l’illégalité, estimant qu’il n’y avait « rien » dans le dossier qui « permette d’établir ce lien entre suppression d’une réduction sur les transports et nouvelles contaminations ».