Isère : Six ans de prison pour une mère jugée responsable de la mort de son bébé

INFANTICIDE Le drame s’est déroulé en 2018, près de Grenoble

20 Minutes avec AFP
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Au tribunal de Grenoble. (archives)
Au tribunal de Grenoble. (archives) — AFP

Une peine de six ans de réclusion criminelle a été prononcée vendredi soir par la cour d’assises de l’Isère à l’encontre d’une mère suspectée d’être à l’origine de la mort en 2018 de son nourrisson d’un mois. Renvoyé également devant la juridiction iséroise, le père de l’enfant a de son côté été acquitté. Le ministère public avait requis quinze ans de réclusion criminelle à l’encontre des deux accusés après avoir retenu la « responsabilité collective », faute de preuve suffisante pour incriminer davantage l’un ou l’autre, a-t-il argumenté.

« Il y a une confusion entre la responsabilité morale du couple et la responsabilité individuelle. Ma cliente a accepté de porter seule le poids du décès de cet enfant dans des conditions qui ne sont pas vraies », a plaidé la défense de la jeune femme avant de réclamer son acquittement. Le couple, deux marginaux de 27 et 43 ans au parcours chaotique, comparaissait depuis mardi pour « violences sur mineur ayant entraîné la mort sans intention de la donner ». Connus de la justice, ils avaient été mis en examen le 19 septembre 2018 pour « meurtre » et « violences par ascendant ».

Plusieurs versions des circonstances du décès

Domiciliés à Moirans, près de Grenoble, ils avaient découvert leur enfant inanimé dans son lit le 8 septembre et prévenu les secours, qui avaient tenté en vain de le réanimer. L’autopsie de son corps avait révélé la présence d’une double fracture au crâne et d’une hémorragie cérébrale ayant entraîné sa mort. Plusieurs autres fractures en cours de consolidation avaient également été constatées. Dépendants à la consommation de drogues, les parents du bébé avaient été interpellés le 17 septembre et placés en garde à vue, où ils avaient nié avoir battu l’enfant.

La mère de l’enfant avait été placée en détention provisoire et son père laissé libre sous contrôle judiciaire. Cette semaine, à la barre, la jeune femme a affirmé avoir fait tomber son fils lors d’une crise de spasmes une semaine avant sa mort. Interrogée à nouveau jeudi, elle a cette fois indiqué que la chute avait eu lieu la veille de la découverte du corps, dans l’après-midi. Soupçonné par sa compagne d’avoir secoué l’enfant, le père a réfuté de son côté toute forme de violences et s’est rangé derrière l’hypothèse d’une chute accidentelle des bras de sa mère.

Partie civile dans ce dossier, l’association L’Enfant Bleu a pointé les « graves dysfonctionnement des services sociaux et professionnels de santé », rappelant qu’un « faisceau d’indices » aurait « clairement dû alerter sur le danger qui pesait sur l’enfant ». Devant la cour, une infirmière de la protection maternelle et infantile (PMI) en charge de son suivi a réaffirmé qu’elle n’avait rien constaté d’inquiétant lorsqu’elle était intervenue au domicile du couple, la veille de son décès.