Nice : Il usurpe l’identité d’un riche Suisse et vit dans sa villa pendant deux ans

ESCROQUERIE C’est Tracfin, le service de surveillance du ministère de l’Economie et des Finances, qui a repéré des virements suspects et a alerté l’autorité judiciaire

E.M.
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Un poste de police (illustration).
Un poste de police (illustration). — Olivier Aballain / 20 Minutes
  • Un individu d’une quarantaine d’années originaire d’Azerbaïdjan a vécu depuis 2019 dans la villa à l’ouest de Nice d’un Suisse parti revivre dans son pays natal.
  • Alertée par des transferts d’argents importants, l’autorité judiciaire a découvert que l’homme avait usurpé l’identité du riche propriétaire.
  • Il risque jusqu’à dix ans d’emprisonnement.

Mettre les compteurs d’eau et d’électricité à son nom paraît une étape anodine quand on s’installe dans un nouvel endroit. Sauf quand les lieux ne nous appartiennent pas et que le propriétaire n’est pas au courant qu’on occupe sa maison. C’est ce qui s’est passé pour un riche Suisse de 90 ans, qui était reparti vivre dans son pays natal et qui possède une villa à l’ouest de Nice.

Depuis 2019, un individu originaire d’Azerbaïdjan s’était introduit dans la demeure, avait ouvert le courrier, changé les contrats d’électricité et d’eau et imité les signatures pour des comptes bancaires du nonagénaire, a indiqué à 20 Minutes, Xavier Bonhomme, le procureur de la République de Nice, confirmant les informations de Nice-Matin.

Des virements atypiques suspects de 200.000 euros

C’est Tracfin, le service de surveillance du ministère de l’Economie et des Finances, qui a repéré des « virements atypiques suspects et a alerté l’autorité judiciaire », a affirmé le parquet. « Le signalement a été déclenché après des transferts de sommes d’un montant de 200.000 euros ».

Ce jeudi, l’Azéri est présenté devant le parquet qui envisage l’ouverture d’une information judiciaire. Il a déjà reconnu les faits qui lui sont reprochés. Il risque une peine de dix ans d’emprisonnement pour association de malfaiteurs, escroquerie et blanchiment en bande organisée, violation de domicile, faux et usage de faux.

L’enquête a déjà décrypté les transits d’argent entre plusieurs pays d’Europe et identifié un compte sur lequel 90.000 euros avaient été déposés, ce dernier a été saisi. « L’ouverture de l’information judiciaire va permettre de connaître le montant du préjudice et les personnes impliquées dans cette affaire », a indiqué le procureur de la République de Nice.