Attentat rue Copernic : Le seul suspect définitivement renvoyé devant les assises, 41 ans après les faits

PROCES L’universitaire libano-canadien de 67 ans clame toujours son innocence

20 Minutes avec AFP

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Hassan Diab, l'unique suspect retrouvé par la justice pour l'attentat de la rue Copernic du 3 octobre 1980 va etre renvoyé devant les Assises.
Hassan Diab, l'unique suspect retrouvé par la justice pour l'attentat de la rue Copernic du 3 octobre 1980 va etre renvoyé devant les Assises. — DE KEERLE/SIPA

Hassan Diab devra finalement comparaître devant les assises. La Cour de cassation a définitivement validé ce mercredi le renvoi de l’unique suspect retrouvé par la justice de l'attentat de la rue Copernic dans le XVIe arrondissement de Paris. Cet universitaire libano-canadien de 67 ans est accusé d’avoir posé une bombe près d’une synagogue le 3 octobre 1980 provoquant la mort de quatre personnes et faisant 46 blessés.

L’homme qui n’a cessé de clamer son innocence, avait bénéficié d’un non-lieu en 2018 dans ce dossier où des indices contradictoires sont âprement débattus depuis plus de dix ans. Mais ce non-lieu a été annulé le 27 janvier par la cour d'appel de Paris, un revirement considérable salué par les victimes et attaqué en cassation par la défense.

Un alibi le situe au Liban au moment des faits

« La Cour de cassation rejette le pourvoi » et confirme donc le renvoi de Hassan Diab devant une cour d’assises spécialement composée pour « assassinats, tentatives d’assassinats et destructions aggravées, en relation avec une entreprise terroriste », a annoncé la plus haute juridiction judiciaire dans un communiqué.

Lors de l’audience le 12 mai devant la chambre criminelle, l’avocate générale avait préconisé d’invalider ce renvoi aux assises, estimant que la cour d’appel n’avait pas respecté son obligation de répondre à des « arguments essentiels » de la défense sur son alibi le situant au Liban au moment des faits.

De faux visas contredits par plusieurs témoignages

La cour d’appel avait en grande partie fondé sa décision sur le passeport d’Hassan Diab, retrouvé par les enquêteurs porteurs de visas espagnols, un d’entrée le 20 septembre 1980 et un autre de sortie le 7 octobre 1980. Pour la défense de Hassan Diab, ces visas sont faux et sont contredits par plusieurs témoignages attestant qu’il était à Beyrouth en train de passer des examens.

« La Cour de cassation a estimé que ces contradictions relevaient de l’appréciation souveraine des juges du fond et a donc refusé d’exercer son contrôle », ont regretté les avocats de Hassan Diab, Mes William Bourdon, Apolline Cagnat et Amélie Lefebvre. « Cette décision ne dit rien du fond du dossier, et nous sommes confiants sur le fait que l’innocence d’Hassan Diab sera reconnue », ont-ils ajouté.

L’incertitude règne toutefois sur la présence au procès de l’accusé, retourné au Canada dès sa sortie de prison après le non-lieu accordé le 12 janvier 2018. L’enquête a attribué l’attentat, non revendiqué, au Front populaire de libération de la Palestine-Opérations spéciales (FPLP-OS).