Meurtre de Mireille Knoll : Le procès aux assises prévu fin octobre

TRIBUNAL L'octogénaire juive avait été trouvé lardé de 11 coups de couteau et partiellement carbonisé dans son appartement à Paris

20 Minutes avec AFP

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Hommage à Mireille Knoll lors d'une marche organisée à Paris, le 28 mars 2018.
Hommage à Mireille Knoll lors d'une marche organisée à Paris, le 28 mars 2018. — Erez Lichtfeld/SIPA

Les deux hommes accusés du meurtre de Mireille Knoll, une octogénaire juive poignardée à Paris en 2018, seront jugés du 25 octobre au 19 novembre, a appris mercredi l’AFP de sources judiciaire et proche du dossier.

Yacine M., 31 ans, et Alex C., 24 ans, doivent comparaître devant la cour d’assises de Paris pour « meurtre sur personne vulnérable et commis en raison de la religion de la victime ». Le 23 mars 2018, le corps de cette femme de 85 ans atteinte de la maladie de Parkinson, avait été trouvé lardé de 11 coups de couteau et partiellement carbonisé dans son appartement, dans l’est parisien.

Les deux accusés nient avoir poignardé l’octogénaire

Sa mort avait suscité une vive indignation, dont celle du président de la République Emmanuel Macron, un an après le meurtre à Paris de Sarah Halimi, une sexagénaire juive jetée de son balcon.

Yacine M., le fils d’une voisine qui connaissait l’octogénaire depuis l’enfance, et Alex C., un marginal aux antécédents psychiatriques qu’il avait rencontré en prison, avaient rapidement été suspectés. Les deux hommes contestent avoir poignardé l’octogénaire et se rejettent la responsabilité du meurtre. Leur rôle précis n’a pas pu être déterminé lors de l’instruction.

Le caractère antisémite du meurtre retenu

Dans leur ordonnance de mise en accusation, en juillet 2020, les deux juges d’instruction ont retenu le caractère antisémite du meurtre en s’appuyant sur les déclarations d’Alex C.. Il avait affirmé que, lors d’une discussion avec Mireille Knoll, Yacine M. avait reproché aux Juifs d'« avoir des moyens financiers et une bonne situation ». Ses déclarations ont ensuite varié au fil de l’instruction, mais les juges d’instruction ont estimé la discussion « plausible ». « Les investigations ont permis de révéler l’ambivalence de Yacine M. vis-à-vis du terrorisme islamiste qui prône notamment l’antisémitisme », écrivaient-elles.

Les accusés contestent catégoriquement le caractère antisémite du crime, mais la chambre de l’instruction a confirmé en novembre qu’ils devaient être aussi jugés pour cette circonstance. Ils sont également poursuivis pour « vol aggravé » et « dégradation par moyen dangereux pour les personnes ».

La mère de Yacine M. doit être jugée à leurs côtés pour « destruction de document ou objet concernant un crime pour faire obstacle à la manifestation de la vérité ». Elle est notamment soupçonnée d’avoir nettoyé le couteau ayant potentiellement servi au crime.