Attaque terroriste à Rambouillet : L'enquête confiée à deux juges d'instruction

TERRORISME Le 23 avril, un ressortissant tunisien de 36 ans a mortellement poignardé Stéphanie Monfermé, dans l'entrée du commissariat de Rambouillet

20 Minutes avec AFP

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Le Premier ministre, Jean Castex préside une cérémonie d'hommage national a  Stéphanie Monferme, vendredi 30 avril, une semaine après l'attentat perpétré le 23 avril 2021 dans le commissariat de Police de Rambouillet.
Le Premier ministre, Jean Castex préside une cérémonie d'hommage national a Stéphanie Monferme, vendredi 30 avril, une semaine après l'attentat perpétré le 23 avril 2021 dans le commissariat de Police de Rambouillet. — STEPHANE LEMOUTON-POOL/SIPA

L'enquête concernant l'assassinat le 23 avril dans un commissariat de Rambouillet (Yvelines) de la fonctionnaire de police Stéphanie Monfermé, par un Tunisien de 36 ans, a été confiée lundi à deux juges d'instruction, a indiqué le parquet national antiterroriste (Pnat).

Le Pnat a précisé avoir ouvert lundi une information judiciaire pour «assassinat sur personne chargée d'une mission de service public» et «tentatives d'assassinat sur personnes dépositaires de l'autorité publique» en relation avec une entreprise terroriste, ainsi que pour «association de malfaiteurs terroriste criminelle».

L'ouverture de cette information judiciaire intervient à l'issue de l'enquête de flagrance, qui peut durer jusqu'à 16 jours, ouverte par le Pnat sur cette attaque.

Radicalisation «peu contestable» de Jamel G.

Jamel G., un ressortissant tunisien de 36 ans titulaire d'une carte de séjour, a mortellement poignardé à la gorge Stéphanie Monfermé, dans l'entrée du commissariat de Rambouillet le 23 avril en début d'après-midi, avant d'être tué par les tirs d'un policier. Ce chauffeur-livreur était dépourvu de casier judiciaire et inconnu des services de renseignement et de la justice.

Mais son mode opératoire correspond aux appels récurrents du groupe Etat islamique (EI) à s'attaquer aux forces de l'ordre.

Selon le procureur national antiterroriste Jean-François Ricard, l'auteur, dont la radicalisation était «peu contestable», présentait «certains troubles de la personnalité». Les enquêteurs ont retrouvé dans son téléphone portable des images à caractère pornographique impliquant des transsexuels et des mineurs, selon une source proche de l'enquête.

Au moins cinq personnes ont été placées en garde à vue dans ce dossier, parmi lesquelles le père et deux cousins de l'assaillant, ainsi qu'un couple qui l'avait domicilié administrativement. Toutes ont été relâchées sans poursuite à ce stade, la dernière le 27 avril.

L'enquête visera notamment à établir si Jamel G. a bénéficié de complicités pour préparer cette attaque qui a suscité un large émoi, notamment au sein de la police.