Alpes-Maritimes : Un Cannois écroué à la demande de la justice belge

FRAUDE Laurent Héricord, originaire de Cannes, est l’administrateur délégué de la société luxembourgeoise Avrox qui aurait escroqué le ministère de la Défense belge

20 Minutes avec AFP

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Illustration argent et masques de protection
Illustration argent et masques de protection — R.Bloch/Sipa
  • Au printemps 2020, la société Avrox a livré 15 millions de masques à la Belgique après avoir décroché l’appel d’offres du ministère de la Défense.
  • Le parquet bruxellois reproche à la société d’avoir produit de faux documents pour décrocher ce contrat estimé à plus de 30 millions d’euros.
  • De plus, selon plusieurs fédérations belges du textile et de la mode, la firme luxembourgeoise n’a pas respecté les exigences sanitaires pour la fabrication des masques.

Interpellé mardi, Laurent Héricord, originaire de Cannes et directeur de la société luxembourgeoise Avrox, a été placé en détention provisoire en vue d’une éventuelle extradition vers la Belgique. L’homme d’affaires était recherché par la justice belge pour des soupçons de fraude sur un contrat public d’achat de masques de protection contre le coronavirus. Une première audience sur l’examen du mandat d’arrêt est prévue mercredi à Aix-en-Provence.

Le ministère de la Défense belge avait lancé un appel d’offres au printemps 2020 et avait choisi deux entreprises dont la luxembourgeoise Avrox. Le parquet bruxellois reproche à la société d’avoir produit de faux documents pour décrocher ce contrat estimé à plus de 30 millions d’euros. L’une des conditions pour décrocher l’appel d’offres était d’avoir déjà fourni 250.000 masques à un autre client. L’entreprise luxembourgeoise a affirmé en avoir déjà livré un million sans communiquer sur le nom de l’acquéreur approvisionné.

Des masques dangereux pour la santé ?

Selon plusieurs fédérations belges du textile et de la mode, la firme luxembourgeoise n’a pas respecté les exigences sanitaires pour la fabrication des masques. Fin février, les autorités sanitaires belges ont d’ailleurs recommandé à la population de ne plus utiliser ces masques lavables, disponibles gratuitement en pharmacie, en raison du risque d’inhalation de substances toxiques.

Selon le journal Le Soir, les investigations, dirigées par un juge d’instruction bruxellois, visent des faits de « faux et usage de faux, escroquerie, blanchiment et entrave à la liberté des enchères et soumissions ». Les masques ont été livrés avec une notice comportant « de nombreuses erreurs », a affirmé ce journal.

Les dirigeants d’Avrox, dont Laurent Héricord, se sont toujours vivement défendus d’avoir commis la moindre infraction. Face aux doutes sur leur dangerosité présumée, la firme a affirmé que ses masques « respect [ai] ent scrupuleusement toutes les réglementations nationales et européennes ».