Incendie de Lubrizol à Rouen : La société condamnée pour des infractions lors de la dépollution du site

POLLUTION Le 26 septembre 2019, 10.000 tonnes de produits chimiques étaient partis en fumée

20 Minutes avec agences

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Le site de Lubrizol à Rouen, classé "Séveso seuil haut".
Le site de Lubrizol à Rouen, classé "Séveso seuil haut". — Robin Letellier/SIPA

La société Lubrizol a été condamnée à deux contraventions de 1.500 euros pour des infractions constatées lors de la dépollution de son site Seveso de Rouen où s’était produit un spectaculaire incendie en septembre 2019. Selon le procès-verbal dressé par les services de l’Etat, révélé par le média normand Le Poulpe, la condamnation fait suite à une inspection des opérations de dépollution de l’usine rouennaise fin 2019.

La décision du tribunal de police de Rouen date du 23 mars, a précisé le procureur de la République de Rouen Pascal Prache. « Il y avait, lors de l’inspection, une seule personne à la console de la salle de contrôle au lieu de deux comme prévu par l’exploitant dans son protocole validé. Cette personne était, selon ses déclarations, non habilitée pour ce poste (en formation). La deuxième personne était en train de déjeuner (donc pas en unité non plus) », avaient relevé les inspecteurs selon le PV.

Une odeur « insupportable »

En outre, « l’absence de neutralisant d’odeur est contraire aux dispositions de l’arrêté préfectoral du 24 juillet 2019 prévoyant que sur l’unité, une introduction de produit masquant l’odeur est en place pour diminuer l’impact olfactif par l’ajout d’une odeur couvrante », avaient-ils également pointé. Des odeurs régulières ont émané du chantier jusqu’à l’évacuation du dernier fût le 3 septembre 2020, avait indiqué Charlotte Goujon, vice-présidente PS de la métropole, chargée des risques industriels, et maire de Petit-Quevilly, commune riveraine de l’usine de lubrifiants automobiles.

Le 13 août encore, en pleine canicule, l’odeur était « insupportable » à Petit-Quevilly, empêchant les habitants d’ouvrir leurs fenêtres et provoquant chez certains nausées ou maux de tête, avait-elle précisé. Près de 3.000 tonnes de déchets avaient été évacuées des 15.000 m2 de la zone incendiée.

La mise en examen de Lubrizol ?

Le 26 septembre 2019, près de 10.000 tonnes de produits chimiques étaient partis en fumée sur le site rouennais de Lubrizol et celui voisin de Normandie Logistique, avec des retombées dans cinq départements. Les conséquences à terme sur la santé de ces retombées demeurent incertaines.

La cour d’appel de Paris doit se prononcer le 30 juin sur la mise en examen de Lubrizol à la suite de cet incendie, que la société détenue par le milliardaire américain Warren Buffet conteste. De source proche du dossier, le parquet général s’est opposé à la demande de la société lors de l’audience le 31 mars.