Affaire Arthur Noyer : Les parents du caporal « ne baisseront pas les yeux » devant Nordahl Lelandais, jugé pour le meurtre de leur fils

PROCES Nordahl Lelandais sera jugé à partir de lundi et jusqu’au 12 mai devant les Assises de la Savoie pour le meurtre du caporal Arthur Noyer

Caroline Girardon

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Nordahl Lelandais sera jugé du 3 au 12 mai devant les Assises de la Savoie pour le meurtre du caporal Arthur Noyer.
Nordahl Lelandais sera jugé du 3 au 12 mai devant les Assises de la Savoie pour le meurtre du caporal Arthur Noyer. — PHILIPPE DESMAZES / AFP
  • Le procès de Nordahl Lelandais, poursuivi pour le meurtre du caporal Arthur Noyer en avril 2017, s’ouvre lundi devant la cour d’assises de la Savoie.
  • L’accusé évoque une bagarre ayant entraîné la mort sans intention de la donner.
  • Mais la famille de la victime reste persuadée qu’il ment et qu’il a prémédité son geste.

Ils attendent de « connaître la vérité », même s’ils redoutent de ne jamais avoir d’explications et restent persuadés que l’accusé « continuera de mentir ». Lundi, les parents d’Arthur Noyer feront face pour la première fois à Nordahl Lelandais, qui devra répondre du meurtre de leur fils, commis en avril 2017. L’ancien maître-chien, par ailleurs mis en examen pour le meurtre de la petite Maëlys, comparaîtra jusqu’au 12 mai devant la cour d’assises de la Savoie à Chambéry.

A la veille du procès, les proches de la victime affichent leur « détermination ». « Ils n’ont pas peur de croiser le regard de Lelandais. Bien au contraire, annonce Bernard Boulloud, l’avocat de la famille Noyer. Ils ne baisseront pas les yeux devant lui, ils le regarderont fixement ». Car le dossier, « ils le connaissent par cœur », poursuit l’homme de loi.

« Nordahl Lelandais jouit de la souffrance des autres, il n’a aucun affect »

« Le problème est que Nordahl Lelandais va sans doute dire sa vérité. Il n’a qu’une chose en tête : sauver sa peau, d’après la famille. Cet homme veut jouer avec l’autre, il jouit de la souffrance des autres. Il n’a aucun affect, accuse l’avocat des parties civiles. Les parents d’Arthur Noyer le savent très bien et ils ne tomberont pas dans le panneau ».

Lors de son audition fin mars 2018 par les juges chargés du dossier, l’accusé a reconnu une bagarre avec le militaire, pris en stop à la sortie d’une boîte de nuit à Chambéry. Et évoqué « plusieurs coups » portés au visage du jeune homme, qui aurait mortellement chuté dans un ravin. Sauf que la famille Noyer ne croit pas en cette version des faits. Leur avocat a pris le soin de procéder à plusieurs vérifications sur le terrain pour « avoir des billes sous les coudes » lors du procès et démonter chaque argument que pourra présenter Nordahl Lelandais.

La famille convaincue de la préméditation

« L’objectif est de le mettre face à ses contradictions et ses incohérences car il va chercher à dire qu’il n’avait pas l’intention de donner la mort », prévient Bernard Boulloud, intimement convaincu que le suspect a « repéré et traqué sa victime ». « Il y a des éléments dans le dossier qui font penser qu’il y a préméditation. On le voit circuler dans Chambéry. Il a le comportement d’un prédateur », avance l’avocat. Et de souligner : « Le mode opératoire est identique à celui de Maëlys. On peut même se demander s’il n’a pas répété ce procédé avec Maëlys et si Arthur Noyer est réellement sa première victime ».

La disparition du jeune caporal avait été signalée le 12 avril 2017 à la brigade territoriale de gendarmerie de Challes-les-Eaux par un officier du 13e bataillon de chasseurs alpins. Cinq mois plus tard, le 7 septembre, les gendarmes de la brigade territoriale de St Pierre d’Albigny avaient été avisés de la découverte par des promeneurs d’un crâne humain dans la forêt de Cruet. Les analyses ADN, ont permis, au mois de décembre de la même année, de confirmer qu’il s’agissait de celui d’Arthur Noyer.

Le 12 janvier 2018, des ossements avaient été retrouvés sur les hauteurs de Montmélian, où Nordahl Lelandais avait l’habitude de se rendre pour pratiquer l’escalade. Les analyses avaient révélé par la suite qu’il s’agissait bien des restes du corps du caporal. Contacté par 20 Minutes, l’avocat de Nordahl Lelandais Alain Jakubowicz n’a pas souhaité s’exprimer avant la tenue du procès. L’accusé encourt 30 ans de réclusion criminelle.