Auvergne-Rhône-Alpes : La région condamnée pour « faute de gestion », Wauquiez furieux de « devoir assumer les fautes » de son prédécesseur

TRIBUNAL Laurent Wauquiez, le président LR de la région Auvergne-Rhône-Alpes, qui fustige « la gestion catastrophique de la précédente majorité » de gauche va saisir la justice pour engager la responsabilité personnelle de Jean-Jack Queyranne

C.G. avec AFP

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La justice reproche à la région Rhône-Alpes, alors dirigée par le socialiste Jean-Jack Queyranne, d'avoir commis des fautes de gestion et d'avoir précipité la faillite de l'association ERAI.
La justice reproche à la région Rhône-Alpes, alors dirigée par le socialiste Jean-Jack Queyranne, d'avoir commis des fautes de gestion et d'avoir précipité la faillite de l'association ERAI. — SIPA
  • La région Auvergne-Rhône-Alpes a été condamnée à payer 10 millions d’euros pour « faute de gestion ».
  • En cause, la liquidation en 2015 de l’association régionale ERAI créée pour aider les PME à s’implanter et qui a fini totalement ruinée.
  • Laurent Wauquiez, l’actuel président LR de la région va désormais saisir la justice pour engager la responsabilité personnelle de son prédécesseur Jean-Jack Queyranne.

Jean-Jack Queyranne, l’ancien président PS de la région Rhône-Alpes a été entendu mardi par la division financière de la police judiciaire, révèle Lyon Capitale, alors que la collectivité a été condamnée par le tribunal judiciaire à payer plus de 10 millions d’euros.

En cause l’affaire Erai, du nom de cette association régionale créée en 1987 pour aider les PME à trouver des marchés à l’international, grâce à différentes antennes implantées à travers le monde. L’organisme, ruiné, a été liquidé en 2015.

Dans son jugement, le tribunal a estimé que la Région, alors dirigée par Jean-Jack Queyranne, avait « commis des fautes de gestion ayant contribué à l’insuffisance d’actif » qui employait 223 personnes à Lyon et à l’étranger. Il a donc condamné la collectivité, aujourd’hui présidée par Laurent Wauquiez (LR), à payer au liquidateur 10.460.000 euros.

« Une décision hors normes »

Selon l’avocat du liquidateur judiciaire, Me Nicolas Bes, la reconnaissance par le tribunal que la région était dirigeante de fait d’une association et responsable de fautes de gestion et de la totalité de son insuffisance d’actif est « une décision hors normes ». « C’est de nature à responsabiliser les collectivités dans leurs relations avec leurs satellites », a-t-il relevé.

« La décision de justice confirme ce que nous avons toujours dénoncé : la gestion catastrophique de la précédente majorité socialiste, écologiste et extrême-gauche, qui conduit aujourd’hui la région Auvergne-Rhône-Alpes à devoir assumer les fautes qu’elle a commises entre 2004 et 2015 », dénonce dans un communiqué l’actuel exécutif régional.

Si l’opportunité de faire appel de ce jugement est encore à l’étude, la région annonce qu’elle « va saisir la justice considérant que le précédent exécutif a commis des fautes particulièrement graves qui engagent sa responsabilité personnelle ».

« Ce n’est pas aux contribuables de payer pour les fautes de l’ancien exécutif socialiste »

« Ce n’est pas aux contribuables de payer pour les fautes de l’ancien exécutif socialiste, qui a conduit cette association à la ruine (…) et a fermé les yeux en n’exerçant pas son rôle de contrôle et d’information des élus régionaux sur des manipulations budgétaires visant à rendre les comptes sciemment opaques », poursuit-on.

Le groupe d’opposition au conseil régional Rassemblement citoyen, écologiste et solidaire a pour sa part estimé que Laurent Wauquiez se posait « en véritable révisionniste de l’Histoire ». Les élus UMP puis LR ont en effet, selon eux, « toujours soutenu Erai de 2004 à 2015 » et « de nombreux amis de Laurent Wauquiez [étaient] impliqués dans cette affaire ». « Si la région est condamnée, c’est qu’elle ne s’est pas défendue. Sans doute pour éviter d’autres remous », ont fait valoir ces élus.