Affaire Maëlys : La seconde expertise psychiatrique de Nordahl Lelandais ne sera pas annulée comme le demandait la défense

ENQUETE La défense contestait la dernière expertise psychiatrique, dont Nordahl Lelandais a fait l’objet et qui affirmait qu'il n’était pas atteint d’un trouble psychique au moment où il a tué la petite fille

Caroline Girardon
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Alain Jakubowicz, avocat de Nordhal Lelandais.
Alain Jakubowicz, avocat de Nordhal Lelandais. — J-P. Clatot/AFP
  • Mardi, la chambre d’instruction de la cour d’appel de Grenoble a rejeté la requête en nullité de la seconde expertise psychiatrique de Nordahl Lelandais.
  • La défense, qui avait pourtant elle-même sollicité cette expertise, réclamait qu’elle soit retirée du dossier sur le meurtre de la petite Maëlys.
  • Le rapport en question dresse le portrait d’un suspect « à la personnalité antisociale » et à la sexualité déviante. Il affirme également que Nordahl Lelandais était pleinement conscient où moment où il a tué la fillette.

Un sérieux revers dans le dossier Lelandais. Ce mardi, la chambre d’instruction de la cour d’appel de Grenoble a rejeté la « requête en nullité d’une expertise psychiatrique » de l’ancien militaire dans le dossier du meurtre de la petite Maëlys, apprend-on du parquet.

Alain Jakubowicz, l’avocat du suspect avait demandé que cette expertise, qu’il avait pourtant lui-même sollicitée à la demande de son client, soit annulée. Mais la chambre d’instruction en a décidé autrement. Elle sera donc bien maintenue au dossier et pourrait constituer un élément à charge contre l’ancien maître-chien.

La défense dispose toutefois de cinq jours pour se pourvoir en cassation afin de contester l’arrêté rendu mardi, a indiqué le parquet de Grenoble.

« Personnalité antisociale » et sexualité déviante

Cette expertise, menée par le psychiatrique Paul Bensussan, affirme que Nordahl Lelandais ne souffrait d'« aucun trouble psychique » susceptible d’avoir « aboli ou altéré son discernement ou le contrôle de ses actes » au moment où il a tué la fillette. Elle dresse également le portait d’un homme « à la personnalité antisociale » et à la sexualité déviante, parvenant difficilement à contrôler ses impulsions.

« En dépit des dénégations du sujet, l’étude du dossier apporte de nombreux arguments en faveur d’un diagnostic de pédophilie avec la particularité qu’il serait non exclusif », écrivent les experts.

Premier procès la semaine prochaine

La défense estimait que Paul Bensussan manquait de neutralité en raison de sa participation à l’émission C dans l’air du 30 mars 2018 consacrée à Nordahl Lelandais. Selon Alain Jakubowicz, le psychiatre aurait dû se déclarer incompétent lorsqu’il a été sollicité pour mener cette expertise après l’émission télévisée. L’avocat n’a d’ailleurs pas voulu réagir à la décision de la chambre d’instruction.

Le procès du meurtre de la petite Maëlys pourrait se dérouler lors du premier trimestre 2022. En attendant, Nordahl Lelandais comparaîtra la semaine prochaine devant la cour d’assises de la Savoie pour le meurtre du caporal Arthur Noyer, dont le crâne puis les ossements avaient été retrouvés plusieurs mois après sa disparition, signalée en avril 2017.