Essais thérapeutiques illégaux : Le professeur Jean-Bernard Fourtillan incarcéré

ENQUETE Le professeur de pharmacie, apparu dans le documentaire « Hold-up » sur le Covid-19, est mis en examen depuis mars 2020 pour avoir fait des essais « sauvages » avec des patchs

20 Minutes avec AFP

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Un patch (illustration).
Un patch (illustration). — GUSTAFSSON/LEHTIKUVA OY/SIPA

Une figure de la sphère coronavirus-sceptique et anti-vaccin vient d’être arrêtée. Le professeur Fourtillan, poursuivi dans une enquête pour des essais thérapeutiques illégaux, a été incarcéré samedi avant une audience prochaine sur sa détention.

Ce professeur de pharmacie de 77 ans avait été interpellé jeudi dans un hôtel à Chaudes-Aigues dans le Cantal en vertu d’un mandat d’arrêt émis par un juge d’instruction du pôle santé publique du tribunal de Paris, selon le parquet d’Aurillac qui a confirmé une information de La Montagne. Incarcéré dans la foulée le temps d’organiser son transfert à Paris, il a été présenté samedi au juge d’instruction aux convocations duquel il ne répondait pas depuis plusieurs mois.

Une audience mercredi

Le magistrat, conformément aux réquisitions du parquet de Paris, a saisi le juge des libertés et de la détention d’une éventuelle révocation de son contrôle judiciaire, selon la source judiciaire. Mais le professeur a demandé quelques jours pour préparer sa défense et a été incarcéré samedi dans l’attente de l’audience d’ici mercredi.

Jean-Bernard Fourtillan est mis en examen depuis mars 2020 pour avoir mené sans autorisation des essais avec des patchs contenant deux molécules, appelées valentonine et 6-méthoxy-harmalan, dans l’espoir de traiter plusieurs maladies neurologiques (Parkinson, Alzheimer, troubles du sommeil…). Il organisait les essais dans une abbaye catholique près de Poitiers sur plus de 350 malades, dans le cadre de sa structure, le Fonds Josefa, vice-présidée par le Pr Henri Joyeux, lui aussi contesté par la communauté médicale notamment pour ses positions anti-vaccins.

Les deux hommes sont mis en examen dans cette enquête, ouverte après une dénonciation des faits en septembre 2019 par l’Agence du médicament (ANSM). « On est aux confins du charlatanisme », avait fustigé à l’époque le directeur de l’inspection à l’ANSM, Bernard Celli. Attaqué en diffamation par le professeur Fourtillan, il a été condamné en 2020 à Bordeaux à 1.000 euros d’amende pour ces propos.

Le Pr Fourtillan, qui dispose d’un fort soutien manifesté sur les réseaux sociaux, a par ailleurs été mis en lumière dans le documentaire dans Hold-Up. Il y affirme que le virus « a été fabriqué par l’Institut Pasteur », une information démentie par l’Institut qui a porté plainte contre lui.