Inondations mortelles sur la Côte d’Azur : Cinq ans après, une maison de retraite mise en examen pour le décès de trois pensionnaires

DELUGE Le groupe Orpea a été mis en examen pour « homicides involontaires » et « blessures involontaires »

20 Minutes avec AFP

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La maison de retraite Le Clos Saint-Grégoire à Biot, le 4 octobre 2015
La maison de retraite Le Clos Saint-Grégoire à Biot, le 4 octobre 2015 — JEAN-CHRISTOPHE MAGNENET AFP
  • Le soir du 3 octobre 2015, alors que des trombes d’eau s’abattaient sur la Côte d’Azur, trois résidentes d’un Ehpad de Biot, âgées de 82, 91 et 94, étaient retrouvées noyées.
  • Le groupe de maison de retraite Orpea vient d’être mis en examen pour « homicides involontaires » et « blessures involontaires »

Plus de cinq ans après le déluge meurtrier, le groupe de maisons de retraite Orpea a été mis en examen pour « homicides involontaires » et « blessures involontaires ». Le soir du 3 octobre 2015, des inondations exceptionnelles avaient coûté la vie à trois résidentes retrouvées noyées dans un de ses  Ehpad de Biot, près d’Antibes (Alpes-Maritimes).

« La mise en examen tardive dont nous faisons l’objet va nous permettre d’accéder enfin au dossier, après plus de cinq ans d’instruction », a réagi auprès de 20 Minutes, confirmant une information de Nice-Matin, le groupe français présent dans vingt-deux pays. « Comme nous l’avons toujours fait, nous continuerons d’apporter tout notre concours à la manifestation de la vérité et réservons pour le moment toutes nos réflexions à l’autorité judiciaire », précise la direction.

Orpea avait acquis l’Ehpad Le Clos Saint Grégoire au début des années 2000, dans une zone de la commune de Biot à risque d’inondations modéré. Le soir du déluge, dix-sept résidents qui dormaient au rez-de-chaussée avaient pu être mis en sécurité au premier étage. Mais trois femmes de 82, 91 et 94 ans avaient également été retrouvées noyées. L’Ehpad, qui avait déjà connu un problème d’inondation dans le passé, est proche d’un canal d’évacuation des eaux de pluie.

La catastrophe a conduit à revoir la carte des risques inondations

Cette nouvelle « mise en examen est un événement important » pour Me Philippe Soussi, l’avocat d’un proche de la victime de 91 ans, interrogé par l’AFP. Même si, selon lui, il faut encore attendre pour un renvoi devant un tribunal et une éventuelle date de procès. Le dossier pourrait être bouclé début 2022.

La catastrophe a conduit à revoir la carte des risques inondations. Le 24 mars, la collectivité et la Communauté d’agglomération d’Antibes Sophia-Antipolis (Casa) ont entrepris  a démolition d'un hameau de 24 logements en amont de la maison de retraite. Le hameau de la Brague avait été bâti construit sur le méandre d’un cours d’eau, en toute légalité dans les années 1980, alors que les « plans de prévention du risque inondation n’existaient pas encore », dixit le président de la Casa Jean Léonetti.

Guilaine Debras, l’ancienne maire sans étiquette de cette commune, a également été mise en examen en 2017 pour « homicide involontaire » par « violation manifestement délibérée d’une obligation de sécurité ou de prudence ».

La justice également sollicitée à Mandelieu-La Napoule

Les millions de mètres cubes d’eau tombés en moins de quatre heures sur le littoral ouest des Alpes-Maritimes avaient entraîné la mort de vingt personnes au total, et provoqué plus de 600 millions d’euros de dégâts. La célèbre verrerie de Biot et le parc marin d’Antibes Marineland avaient notamment été dévastés.

Plus à l’ouest, à Mandelieu-La Napoule, huit personnes avaient également perdu la vie dans les parkings souterrains d’un lotissement. Quatre proches des victimes ont déposé, l’été dernier, une nouvelle plainte contre X avec constitution de partie civile pour que l’enquête pouvant éventuellement établir des responsabilités puisse redémarrer. Fin 2019, la procureure de la République de Grasse avait proposé cette option aux plaignants pour éviter un classement sans suite.