Attentat déjoué avant l’Euro 2016 : Condamné à 24 ans de réclusion, Réda Kriket sera rejugé

APPEL Le parquet national antiterroriste avait requis la réclusion criminelle à perpétuité à l’encontre de Réda Kriket

20 Minutes avec AFP

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Attentat déjoué avant l’Euro 2016 : Condamné à 24 ans de réclusion, Réda Kriket sera rejugé
Attentat déjoué avant l’Euro 2016 : Condamné à 24 ans de réclusion, Réda Kriket sera rejugé — AFP

Réda Kriket, condamné vendredi à Paris à 24 ans de réclusion criminelle pour un projet d’attentat djihadiste déjoué en 2016, sera rejugé, le parquet ayant fait appel de sa condamnation, a-t-on appris jeudi auprès du parquet national antiterroriste (Pnat).

Il sera rejugé aux côtés de quatre autres hommes, dont Anis Bahri et Abderrahmane Ameuroud, tous deux également condamnés à la même peine de 24 ans de réclusion, assortie d’une période de sûreté des deux tiers.

Kriket, Bahri et Ameuroud, un « trio à la manœuvre »

Le Pnat avait requis la réclusion criminelle à perpétuité à l’encontre de Réda Kriket, Anis Bahri et Abderrahmane Ameuroud, présentés comme « le trio à la manœuvre » d’un projet d’attaque qui « s’annonçait meurtrière », commandité selon l’accusation par l’Etat islamique (EI).

Le 24 mars 2016, deux jours après les attentats de Bruxelles, la police avait saisi dans un logement loué depuis huit mois sous un faux nom par Réda Kriket à Argenteuil (Val-d’Oise) un arsenal « d’une ampleur inédite » : treize armes dont cinq fusils d’assaut, une quantité de munitions, des explosifs, ainsi que des milliers de billes métalliques.

Réda Kriket dit avoir voulu « faire du banditisme »

Réda Kriket, ex-délinquant de 39 ans, a toujours contesté tout projet d’attentat terroriste. Devant la cour d’assises spéciale, qui l’a jugé pendant cinq semaines, il a affirmé avoir voulu « faire du banditisme ».

La cour a reconnu les trois principaux accusés, à l'« engagement djihadiste ancien et protéiforme », coupables d’avoir projeté un attentat en France, excluant que l’arsenal découvert à Argenteuil puisse correspondre à un « projet de braquage ».

Elle a toutefois considéré qu'« aucun élément ne (permettait) d’affirmer qu’il s’agissait d’un attentat directement projeté depuis la Syrie par l’organisation Etat islamique ». Pour les magistrats professionnels, il est « nullement prouvé » que Réda Kriket et Anis Bahri soient, en janvier 2015, « passés en Syrie dans le but de préparer un attentat commandité par l’Etat islamique ».

L’arrêt souligne par ailleurs les « nombreuses zones d’ombre persistantes » du dossier et le fait qu’il n’a « pas été possible de déterminer avec précision la nature du ou des attentats envisagés », ni quelles étaient « la ou les cibles projetées », le « moment », le « nombre de terroristes engagés » ou encore le « mode opératoire ».