Marne : La crémation d’une victime du Covid-19 jugée trop rapide, les enfants portent plainte

PLAINTE Les enfants du défunt ont porté plainte contre les pompes funèbres et contre le maire de Châlons-en-Champagne

20 Minutes avec agences
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Illustration pompes funèbres
Illustration pompes funèbres — Jeff Pachoud AFP/Archives

Le parquet de Châlons-en-Champagne (Marne) a ouvert ce mardi une enquête préliminaire pour « atteinte à l’intégrité du cadavre » et « faux et usage ». Les enfants d’un homme mort du Covid-19 ont déposé plainte, dénonçant la crémation trop rapide de leur père.

Selon les premiers éléments, « il ne s’agit pas d’une "crémation forcée", a indiqué la procureure Ombeline Mahuzier, confirmant une information de Mediapart. Ils dénoncent une crémation trop rapide du corps par les services habilités, qui les a privés de la possibilité de venir se recueillir auprès du cercueil. »

Une crémation bien trop précoce

Selon l’avocate de la famille, la plainte a été déposée le 25 janvier par les enfants de Patrick Grasset, mort du coronavirus le 25 mars 2020 à 67 ans. Selon eux, la société de pompes funèbres et le maire de Châlons-en-Champagne auraient « incinéré M. Grasset 5 h 30 après son décès, alors que la loi stipule un délai d’au moins 24 heures ».

Les enfants « n’ont même pas eu le temps de venir se recueillir », déplore l’avocate. Ils portent également plainte pour faux et usage de faux, car le contrat signé avec les pompes funèbres indiquait une crémation à 15 h 15. Or, en appelant l’entreprise à 12 h 30, la fille du défunt a appris que la crémation était déjà en cours ce jour-là.

Une première plainte différente en 2020

Les enfants du défunt ont été entendus le 27 janvier, selon la procureure. Les mêmes enfants avaient porté plainte en 2020 après la mort de leur père pour homicide involontaire et non-assistance à personne en danger. Deux procédures distinctes ont été ouvertes, a précisé la magistrate.

Selon l’avocate des plaignants, la première plainte a été déposée « contre le médecin de M. Grasset et le Samu pour mauvaise prise en charge ». Le directeur de cabinet du maire de Châlons-en-Champagne, réglementairement en charge de la police funéraire, affirme cependant qu’aucune plainte n’a jusqu’à présent été déposée contre la mairie ni contre le maire.