Inondations mortelles à Lamalou-les-Bains : Six ans après, deux anciens maires renvoyés en correctionnelle

ENQUETE Une violente crue avait provoqué la mort d'un couple ainsi que d'une femme et de sa fille qui séjournaient au camping municipal

N.B. avec AFP
A Lamalou-les-Bains, après les inondations de septembre 2014 (Archives)
A Lamalou-les-Bains, après les inondations de septembre 2014 (Archives) — APERCU/SIPA

Deux anciens maires de Lamalou-les-Bains (Hérault) sont définitivement renvoyés en correctionnelle pour « homicide » et « blessures involontaires », après le rejet de leur pourvoi en cassation, six ans après des inondations qui avaient fait quatre morts, dans cette commune. Dans la nuit du 17 au 18 septembre 2014, une violente crue de la rivière Bitoulet avait provoqué le décès d’un couple ainsi que d’une femme et de sa fille qui séjournaient au camping municipal de cette station thermale.

Installé en 1982, le camping municipal, qui surplombait d’environ trois mètres le cours d’eau, était dans une zone déclarée inondable en 1989, tout comme une résidence et des lotissements voisins.

Une longue liste de rebondissements judiciaires

Dans une décision rendue le 7 avril et dont l’AFP a obtenu copie lundi, la Cour de cassation n’a pas admis les pourvois de Marcel Roques, maire centriste de 1989 à 2014, et de Philippe Tailland, maire divers gauche à l’époque de la catastrophe, contre leur renvoi devant le tribunal correctionnel de Béziers.

La décision en cassation s’inscrit dans une longue liste de rebondissements judiciaires dans ce dossier qui dure depuis sept ans. Ces pourvois avaient été formés contre l’arrêt de la chambre de l’instruction de la cour d’appel de Montpellier du 14 janvier qui avait infirmé l’ordonnance de non-lieu général rendue le 22 avril 2020 par le juge d’instruction et contre laquelle le parquet de Béziers avait fait appel.

Le parquet mettait en avant des « fautes caractérisées »

La juge d’instruction avait estimé « qu’il n’existait aucune charge suffisante à l’encontre des six personnes physiques mises en examen, y compris du maire de la commune au moment des faits », alors que le parquet avait requis le renvoi de l’édile devant le tribunal, pour « blessures et homicides involontaires ».

En 2019, le parquet avait requis le renvoi devant le tribunal de Philippe Tailland, qui ne s’est pas représenté en 2020. Il mettait en avant des « fautes caractérisées », soulignant « le défaut de déclenchement du plan de sauvegarde communal et d’évacuation du terrain de camping ». Un non-lieu avait été requis contre les cinq autres personnes mises en examen, deux employés de la station thermale, deux responsables municipaux et le prédécesseur de Philippe Tailland, Marcel Roques.