Projet d’attentat terroriste à Béziers : La suspecte de 18 ans mise en examen et écrouée

ENQUETE La jeune femme, soupçonnée d’un projet d’attentat contre une église, a été interpellée dans la nuit de samedi à dimanche

N.B. avec AFP
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Un logo de la DGSI (illustration)
Un logo de la DGSI (illustration) — Romain GAILLARD-POOL/SIPA

La Biterroise de 18 ans, soupçonnée d’avoir projeté un attentat terroriste contre une église, a été mise en examen jeudi et incarcérée. La jeune femme était en garde à vue depuis son arrestation dans la nuit de samedi à dimanche, après une perquisition au domicile familial, dans un quartier populaire de Béziers(Hérault).

Présentée jeudi à un juge antiterroriste parisien, elle a été mise en examen pour « association de malfaiteurs terroriste​ criminelle » et « détention de produits incendiaires ou explosifs » en relation avec une entreprise terroriste, selon une source judiciaire. Elle a été placée en détention provisoire, conformément aux réquisitions du parquet antiterroriste. La jeune femme, « déscolarisée depuis deux ans » et « jamais condamnée », était inconnue des services, jusqu’à un renseignement très récent « faisant état d’une menace d’attentat contre une église », selon un communiqué du parquet.

Une coopération avec le Maroc

Les services marocains ont revendiqué mardi la paternité du tuyau, indiquant dans un communiqué avoir transmis le 1er avril à leurs homologues français « des informations précises sur une citoyenne française d’origine marocaine qui planifiait une opération terroriste imminente visant une église en France », « en coordination avec des éléments de Daesh », le groupe Etat islamique. Sans confirmer cette information, une source proche de l’enquête a souligné auprès de l’AFP la « coopération particulièrement dense et très confiante » avec le Maroc, « particulièrement réactif dès qu’une information est susceptible de concerner la sécurité du territoire français ».

Le 3 avril, une perquisition au domicile de la jeune femme a permis aux enquêteurs de retrouver des produits permettant de fabriquer des explosifs (acétone, acide sulfurique, eau oxygénée), deux potentiels « engins explosifs improvisés en cours d’assemblage », ainsi que « des notes manuscrites évoquant divers projets d’action violente » et de la documentation djihadiste, « faisant référence » notamment au groupe Etat islamique.

« Elle voulait s’en prendre à des églises »

Les enquêteurs ont également mis la main sur « une photographie imprimée de la décapitation de Samuel Paty », « ainsi que des photographies représentant des djihadistes armés ». « Elle voulait s’en prendre à des églises, dont une près de son domicile, et a parlé d’autres cibles, notamment un collège », affirme une source proche du dossier, tandis que le renseignement initial évoquait des églises de Montpellier. Selon le parquet antiterroriste, un schéma d’une église de son quartier a été saisi chez elle.

Issue d’un « milieu très précaire, désocialisé », elle est « très déprimée, suicidaire, mais en même temps dans une volonté de haine, de vengeance contre la République et ses institutions », ajoute la source proche du dossier. « Elle parle beaucoup de l’Etat d’Israël et des églises. » Sa mère et ses trois sœurs, interpellées avec elle, ont par ailleurs été remises en liberté, entre lundi et mercredi. « Aucun élément n’est venu impliquer » cet entourage familial et « aucun élément de radicalisation n’a par ailleurs été relevé les concernant », détaille le communiqué du parquet antiterroriste.