Paris: L'enquête pour «faux témoignage» contre Didier Lallement et quatre magistrats classée sans suite

ENQUETE Le député de la France insoumise Ugo Bernalicis accusait notamment le préfet de police de Paris d'avoir menti lorsqu'il indiquait ne pas avoir trouvé les organisateurs des manifestations de policiers non autorisées en juin

20 Minutes avec AFP

— 

Didier Lallement, le préfet de police de Paris, à Paris, le 18 mars 2020.
Didier Lallement, le préfet de police de Paris, à Paris, le 18 mars 2020. — AFP

L’enquête ouverte contre le préfet de police de Paris et quatre hauts magistrats pour « faux témoignage » a été classée sans suite par le parquet de Nanterre, a-t-on appris ce jeudi. Outre Didier Lallement, le président de la Cour d’appel de Paris Jean-Michel Hayat, la procureure générale de Paris Catherine Champrenault, le procureur de Paris Rémy Heitz ainsi que l'ancienne procureure du Parquet national financier (PNF) Eliane Houlette étaient visés par des plaintes pour « faux témoignages » et « parjures » déposées par le député de la France insoumise Ugo Bernalicis, président de la commission d’enquête sur l’indépendance de la justice.

Le préfet de police de Paris Didier Lallement était accusé de ne pas avoir dit la vérité lorsqu’il a indiqué ne pas avoir « trouvé les organisateurs » de manifestations de policiers non autorisées en juin. Les documents produits à la justice ne permettraient pas de conclure à un tel déséquilibre dans les investigations. Le parquet de Nanterre a décidé « de classer la procédure en cause pour absence d’infraction » car il ressort que « ni l’élément matériel, ni l’élément intentionnel de ce délit ne sont caractérisés ».

Note interne sur les gilets jaunes

Le député du Nord, qui avait saisi d’abord le procureur de la République de Paris, Rémy Heitz, pointait directement le procureur, mentionnant une note interne sur le sort des « gilets jaunes » interpellés. Rémy Heitz avait assuré, de son côté, n’avoir « signé aucun document donnant des instructions à [ses] collègues ». Interrogé à ce sujet dans le cadre d’une commission sur le maintien de l’ordre fin novembre, Rémy Heitz avait affirmé que le document mentionné « n’était pas une note du procureur mais un document pratique envoyé aux magistrats de permanence ».

Concernant Catherine Champrenault, procureure générale de Paris, et Eliane Houlette, ancienne procureure du Parquet national financier (PNF), Ugo Bernalicis mettait en avant des « déclarations discordantes » sur des interventions dans le cadre de l’affaire Fillon. Le président de la cour d’appel de Paris et ancien président du tribunal de Paris, Jean-Michel Hayat, était aussi soupçonné de « parjure » sur les raisons de la désignation du juge Tournaire dans le même dossier Fillon.