Toulouse : Dix ans après un coup de couteau fatal, le troisième procès d'un des meurtriers présumés de Jérémy Roze s’ouvre

PROCES Après un arrêt de la Cour de cassation, le troisième procès de Hicham Ouakki, accusé d’avoir porté en février 2011 un coup de couteau fatal à un étudiant en pharmacie pour une simple cigarette, s'ouvre ce mardi

Béatrice Colin

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La photo de Jérémy Roze, lors d'une marche en hommage au jeune homme tué d'un coup de couteau en février 2011 à Toulouse.
La photo de Jérémy Roze, lors d'une marche en hommage au jeune homme tué d'un coup de couteau en février 2011 à Toulouse. — F. Lancelot / SIPA
  • Ce mardi, le troisième procès d'un des meurtriers présumés de Jérémy Roze, un étudiant poignardé à Toulouse en février 2011, débute devant les Assises de la Haute-Garonne.
  • Condamné en première instance et en appel en 2017, l’un des deux coaccusés avait formé un pourvoi en cassation qui a abouti.
  • Une nouvelle épreuve pour la famille de la victime, qui demande la « fermeté » à la justice et un « verdict social ».

C’était un brillant étudiant en pharmacie qui rentrait chez lui après une soirée avec des amis. Il y a dix ans, dans la nuit du 26 au 27 février 2011, Jérémy Roze, un jeune homme de 27 ans originaire du Béarn, croisait la route d’Hicham Ouakki et Driss Arab dans le quartier Saint-Michel, à Toulouse.

Après l’avoir accosté pour lui demander une cigarette, ces deux derniers lui ont porté un coup de couteau fatal. Le premier se serait vanté dans les jours qui ont suivi d’avoir planté « un Yankee » lorsqu’ils se trouvaient dans la Ville rose. Car trois semaines plus tard, c’est à Limoges où ils vivaient, que les deux jeunes avaient été interpellés par le service régional de police judiciaire.

La famille veut un « verdict social »

Condamnés en première instance et en appel à la réclusion criminelle à perpétuité pour Hicham Ouakki, et à 20 ans de réclusion pour Driss Arab, le premier sera à nouveau jugés ce mardi devant les Assises de la Haute-Garonne lors de son troisième procès. Il y a un peu plus de deux ans, la cour de cassation a en effet invalidé l’arrêt de la cours d’assises du Tarn-et-Garonne prononcé en mai 2017, pour un vice de procédure lors d’une audience. En effet, la parole aurait dû être redonnée aux accusés avant le retrait de la cour.

Un troisième procès en dix ans « et un constat de déconnexion entre la justice et les victimes », déplore Christian Roze, le père de la victime. Pour cette famille, cette semaine d’audience est un nouveau moment douloureux à passer. « Mais nous restons déterminés, notre dignité ne nous empêche pas de demander des comptes pour Jérémy. Depuis le dernier verdict rien n’a changé, mais cela se passe dix ans après, les mémoires se délitent, ça peut effacer des témoignages, quant à l'accusé il arrive avec un autre masque à la barre », déplore ce père de famille meurtri.

Ce dernier espère que les deux premières sentences seront confirmées à la fin de la semaine, « un verdict social, qui prouvera la réprobation de la société avec fermeté ». Le verdict est attendu vendredi.