Vaucluse : Le maire d’Orange, Jacques Bompard, condamné à cinq ans d’inéligibilité

PROCES L’élu d’extrême droite se pourvoit en cassation, ce qui lui permet de rester maire en attendant la décision

20 Minutes avec AFP
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Le maire d'extrême droite d'Orange, Jacques Bompard. (archives)
Le maire d'extrême droite d'Orange, Jacques Bompard. (archives) — BORIS HORVAT / AFP

Le maire d’Orange (Vaucluse), Jacques Bompard (Ligue du Sud, extrême droite), a été condamné jeudi à un an de prison avec sursis et cinq ans d’inéligibilité pour prise illégale d’intérêt par la cour d’appel de Nîmes. L’édile a annoncé, selon le journal La Provence, son intention de se pourvoir en cassation, une décision qui lui permet de rester en poste. Il a en outre été condamné à 30.000 euros d’amende.

En mai 2019, Jacques Bompard avait été condamné en première instance à une peine de six mois de prison avec sursis et de 50.000 euros d’amende, dont la moitié assortie de sursis, devant le tribunal correctionnel de Carpentras (Vaucluse). Il avait, en revanche, échappé à la peine d’inéligibilité requise par le parquet. Le maire avait été mis en examen en décembre 2010 après la plainte d’un exploitant viticole orangeais, Bernard Jaume, ancien membre du FN. Les faits remontent à plus d’une quinzaine d’années, alors que Jacques Bompard était encore élu du Front national, depuis devenu le Rassemblement national.

Une affaire de vente de biens municipaux à des proches

La justice reprochait au maire d’Orange la vente par la ville d’un bien immobilier à sa fille et à son gendre. Il était également mis en cause pour avoir acheté avec son épouse deux terrains à bâtir dans un lotissement d’Orange via une société civile immobilière (SCI). Or, ce lotissement bénéficiait d’une servitude technique (passage de réseaux d’assainissement, d’eau et d’électricité) accordée par la mairie lors d’un vote auquel le maire avait pris part, a indiqué son avocat, Me Benoît Fleury.

« Si cela n’avait pas été Jacques Bompard, on n’aurait jamais eu de peine d’inéligibilité » prononcée pour « des faits aussi discutables ». « Ses opposants politiques n’ont jamais réussi à l’abattre dans les urnes et c’est aujourd’hui la justice qui s’en charge », a dénoncé Me Fleury.