« Gilets jaunes » : Peines aménageables et travaux d’intérêt général requis dans le procès du saccage de l’Arc de Triomphe

PROCES Plus de 400 personnes avaient été interpellées à Paris lors de l’acte 3 des manifestations

20 Minutes avec AFP
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Des gilets jaunes près de l'Arc de Triomphe le 8 décembre 2018.
Des gilets jaunes près de l'Arc de Triomphe le 8 décembre 2018. — AFP

Des peines de prison aménageables, des travaux d’intérêt général, des amendes et des stages de citoyenneté ont été requis contre neuf personnes, jugées ce mercredi à Paris pour le saccage de l’Arc de Triomphe pendant une manifestation de « gilets jaunes » en 2018.

Dans cette « affaire atypique », « comment faire rentrer le symbole dans une peine, tout en restant juste ? », s’est interrogée la procureure, Florence Lardet, pendant ses réquisitions. Les images de la « prise » de l’Arc de Triomphe, un symbole national, par des manifestants, avaient fait le tour du monde et créé un immense émoi.

« Pas du tout » question de les faire « payer » pour les autres

Les neuf personnes jugées pour des vols et des dégradations ce 1er décembre 2018 ne sont pas « les principaux responsables » du saccage et du pillage du monument « emblématique », qui n’ont pas été identifiés, a rappelé la procureure. Mais s’il n’est « pas du tout » question de les faire « payer » pour les autres, « chacun doit répondre à la hauteur de ce qu’il a fait », et leur responsabilité ne peut être « diluée ». « Il faut qu’il y ait une réflexion sur le respect des valeurs républicaines », « visiblement pas comprises », a-t-elle ajouté.

Elle a distingué deux groupes parmi les prévenus, originaires des quatre coins de la France et dont la majorité ont une vingtaine d’années et n’ont aucun casier judiciaire. Dans le premier groupe figurent ceux qui sont accusés d’être entrés dans le monument et d’y avoir volé de petits objets (cartes postales, répliques miniatures de l’Arc de Triomphe et de la Tour Eiffel…).

Des stages de citoyenneté

Pour ces vols, qui « peuvent apparaître comme relativement anodins », elle a demandé 105 heures de travaux d’intérêt général, à effectuer sous 18 mois sous peine d’amende, ainsi qu’une amende de 450 euros, dont 300 avec sursis. Elle a demandé la même peine, mais un peu plus sévère, pour une jeune femme qui ne s’est pas présentée à l’audience et n’avait pas respecté son contrôle judiciaire. Pour le « deuxième groupe », jugé pour des dégradations, la procureure a souhaité de peines de prison « aménageables ».

Pour l’ancien militaire de 43 ans lié à l’ultra-droite et accusé d’avoir tagué l’Arc de Triomphe, elle a requis 15 mois d’emprisonnement dont six avec sursis. Pour les jeunes prévenus qui comparaissent pour avoir donné des coups d’extincteur à une porte ou dégradé une statue, elle a demandé des peines allant jusqu’à 15 mois d’emprisonnement, dont neuf avec sursis. Elle a aussi demandé à ce qu’ils effectuent des travaux d’intérêt général et des stages de citoyenneté. L’audience se poursuit avec les plaidoiries de la défense. Le procès est prévu jusqu’à vendredi.