Marseille : Querelles familiales autour d’un emploi fictif au procès Guérini

JUSTICE La justice s’est intéressée au possible emploi fictif de Jeannie Peretti, ex-femme d’Alexandre Guérini

20 Minutes avec AFP
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Jean-Noel Guerini
Jean-Noel Guerini — AFP
  • La justice tente de décortiquer le « système clientéliste » reproché à Alexandre et Jean-Noël Guérini. Il a notamment été question de l’emploi de Jeannie Peretti, ex-femme d’Alexandre.
  • Parmi les interrogations autour de ce possible emploi fictif, il y a les avantages dont Jeannie Peretti disposait et sa fulgurante ascension professionnelle.

Dans sa tentative de décortiquer le « système clientéliste » reproché à Alexandre Guérini et son frère Jean-Noël, ex-patron du PSmarseillais, la justice s’est penchée jeudi sur l’emploi présumé fictif de Jeannie Peretti, l’ancienne compagne d’Alexandre, provoquant une querelle de couple à la barre. « Alexandre Guérini, par moments, il ferait mieux de faire attention à ne pas dire des bêtises », lâche Jeannie, 67 ans, s’attirant le sourire du tribunal.

L’ex-épouse n’a pas apprécié la petite phrase d’Alexandre devant les enquêteurs, selon laquelle elle travaillait souvent depuis son domicile, « ce qui n’était pas pour lui déplaire ». Car ce sont ces quelques mots, entre autres éléments, qui l’ont amenée sur le banc du tribunal, pour recel d’abus de biens sociaux, aux côtés des 11 autres prévenus poursuivis dans ce dossier tentaculaire.

« C’était une plaisanterie »

« C’était une plaisanterie, mais j’ai appris qu’il ne fallait pas plaisanter avec les représentants de la justice », s’excuse, penaud, Alexandre Guérini, 64 ans, loin du matamore menaçant entraperçu mardi via des écoutes téléphoniques où il mettait la pression sur le directeur général adjoint de Marseille Provence Métropole, pour récupérer un marché de gestion des déchets.

Petit bout de femme aux longs cheveux châtains, Jeannie Peretti connaît Alexandre depuis l’enfance. S’ils sont officiellement divorcés, ils sont restés proches et travaillent toujours ensemble aujourd’hui : pas question pour l’ancienne sténo-dactylo, passée par le secrétariat de Gaston Defferre, d’admettre un quelconque emploi fictif.

Alors certes, elle s’embrouille quand il lui faut détailler ses fonctions exactes au sein du maquis des entreprises dirigées directement ou non par le père de sa fille. Secrétaire chez SMA Environnement, directrice-générale puis présidente de SMA Energie, directrice générale de SMA Financier ? Commerciale, comme la qualifie le dirigeant officiel d’une de ces sociétés ? « J’ai dit n’importe quoi, j’ai mélangé », concède-t-elle.

« Je pourrais être capable de prendre votre place » lancée au juge

Pour Alexandre Guérini, elle était « l’âme de l’entreprise », « la responsable syndicaliste permanente », « une femme exceptionnelle », avait-il expliqué aux enquêteurs. Au-delà du travail exact effectué par Jeannie Peretti, la justice s’interroge sur les nombreux avantages dont celle-ci disposait, un 4x4 Mercedes, une carte bancaire pour payer l’essence, et une ligne téléphonique avec son abonnement. Et elle a des doutes sur sa « fulgurante ascension » professionnelle.

Jeannie Peretti, elle, ne doute pas : « C’est parce que j’étais capable de faire cette ascension. Vous me sous-estimez, je pourrais être capable de prendre votre place », avait-elle rétorqué au juge d’instruction, lors de l’enquête. « C’était très maladroit de ma part d’avoir pu dire des énormités pareilles », concède-t-elle aujourd’hui, expliquant avoir été « impressionnée » par ce magistrat « méprisant ». Le procès doit durer jusqu’au 9 avril.