Lorient : La justice somme l’État de rénover la prison surchargée et vétuste

SURPOPULATION CARCERALE L’ordre des avocats du barreau de Nantes et l’Observatoire international des prisons avaient déposé une requête début mars

J.G. avec AFP

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Illustration d'une prison. Ici celle de Rennes-Vezin.
Illustration d'une prison. Ici celle de Rennes-Vezin. — C. Allain / 20 Minutes
  • Le tribunal administratif vient de sommer l’État de mener des travaux au centre pénitentiaire de Ploemeur près de Lorient.
  • Construit en 1982, l’établissement est accusé d’accueillir les détenus dans des conditions indignes.
  • Certaines installations sont également jugées dangereuses à l’intérieur des cellules.

Elle est, comme de nombreuses prisons françaises, surchargée, certains détenus devant dormir sur un matelas à même le sol. Ses conditions d’accueil des détenus sont également jugées indignes. Ouvert en 1982, le centre pénitentiaire de Ploemeur près de Lorient devrait faire l’objet dans les prochains mois d’un programme de rénovation. C’est en tout cas l’avis du tribunal administratif qui a sommé l’État de faire des travaux au sein de la maison d’arrêt de l’établissement.

Dans une requête déposée début mars, l’ordre des avocats du barreau de Nantes et l’Observatoire international des prisons (OIP) ont dénoncé un espace de vie « inférieur à 3 m2 » ainsi que des conditions d’hygiène déplorables, pointant la « proximité dans les cellules entre les lieux de prise des repas et les sanitaires ». La requête faisait également état de quantité de nourriture insuffisante, d’absence d’activités ou encore de fouilles au corps sans motif légitime, autant d’éléments constitutifs selon eux « d’atteintes graves » aux libertés fondamentales et d’un traitement « inhumain et dégradant » des personnes détenues.

Des installations électriques dangereuses dans les cellules

En réponse, le ministère de la Justice avait invoqué une baisse de la population carcérale accueillie dans l’établissement depuis un an, rappelant par ailleurs que certaines personnes placées en détention provisoire, qui avaient demandé leur libération en raison de conditions d’accueil jugées indignes, avaient vu leur demande rejetée. Le juge des référés du tribunal administratif de Rennes a en partie donné raison aux requérants, condamnant l’État à leur verser 1.500 euros.

L’administration pénitentiaire est notamment sommée de cloisonner les toilettes du reste de la cellule et de s’assurer qu’aucun détenu ne dorme sur un matelas à même le sol dans le quartier de la maison d’arrêt. Les installations électriques des cellules, jugées dangereuses car sous-dimensionnées, devront être également mises aux normes, et un système d’interphone devra être installé dans chacune d’entre elles pour que les détenus puissent prévenir les gardiens en cas d’accident la nuit. Un diagnostic amiante devra en outre être réalisé dans l’ensemble des bâtiments.

Une douche quotidienne pour les détenus du quartier disciplinaire

Le tribunal a également ordonné à l’administration pénitentiaire d’améliorer la ventilation des cellules et de veiller à ce que les détenus du quartier disciplinaire puissent prendre une douche si possible quotidiennement « dans des conditions respectueuses de l’hygiène et de l’intimité ».

L’accès aux produits d’entretien des cellules ainsi qu’aux sacs-poubelles et au papier hygiénique devra enfin être assuré, et les poubelles ramassées quotidiennement.