Bretagne : Trois syndicalistes attaqués pour diffamation par une entreprise agroalimentaire

PROCES Les trois syndicalistes CFDT avaient distribué un trac dénonçant les conditions de travail de salariés bulgares

C.A. avec AFP

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Des syndicalistes membres de la CFDT sont poursuivis pour diffamation par une entreprise agroalimentaire bretonne.
Des syndicalistes membres de la CFDT sont poursuivis pour diffamation par une entreprise agroalimentaire bretonne. — Sabrina Dolidze/SIPA

L’entreprise Chéritel n’a pas complètement lâché l’affaire. Si elle a préféré abandonner les poursuites à l'encontre de la journaliste Inès Léraud, la société d'agroalimentaire basée à Grâce, près de Guingamp (Côtes-d’Armor), a maintenu ses accusations à l'encontre de trois syndicalistes. Membres de la CFDT, les trois militants avaient édité un tract et relayé des informations sur Facebook dénonçant les conditions de travail de salariés bulgares. Ils sont convoqués ce jeudi devant la 17è chambre du tribunal judiciaire de Paris pour diffamation.

Grossiste en légumes, la société Chéritel avait été condamnée à 261.500 euros d’amende en première instance en 2018 pour avoir employé ces ouvriers bulgares dans des conditions non conformes à la législation en vigueur. Une interdiction d’avoir recours à une entreprise de sous-traitance de main-d’œuvre pendant deux ans avait été prononcée et son responsable avait écopé de deux mois de prison avec sursis. L’appel n’a pas encore été examiné.

Des tomates origine France venues de l’étranger

Un rassemblement de soutien aux syndicalistes mis en cause est prévu jeudi 18, jour de l’audience, devant le siège de l’entreprise qui les poursuit. « Il est possible que la partie adverse demande un report, arguant du fait que l’appel dans cette affaire [des ouvriers bulgares] n’a pas encore été examiné », précise l’avocat des trois militants syndicaux, Me Laurent Beziz. L’avocat de Chéritel, Me Luc Brossollet, n’a pas répondu aux sollicitations de l’AFP.

En janvier, le grossiste breton avait annoncé à la dernière minute l’abandon des poursuites pour diffamation engagées à l’encontre de la journaliste indépendante Inès Léraud, qui avait dénoncé des «abus» dans une enquête. En novembre 2019, la société Chéritel avait été reconnue coupable de « tromperie » sur l’origine d’un produit après avoir vendu des tomates étrangères estampillées « origine France ». La société a annoncé qu’elle allait faire appel de cette condamnation.