Affaire Bygmalion : Le procès de Nicolas Sarkozy renvoyé du 20 mai au 22 juin

PROCES Nicolas Sarkozy est accusé, avec treize autres personnes, d'avoir financé illégalement sa campagne présidentielle de 2012

Vincent Vantighem

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Nicolas Sarkozy.
Nicolas Sarkozy. — Michel Euler/AP/SIPA
  • Nicolas Sarkozy devait être jugé avec treize autres prévenus à compter de ce mercredi dans l’affaire dite « Bygmalion ».
  • L’ancien chef de l’État encourt une peine d’un an de prison et 3.750 euros d’amende pour le financement illégal de sa campagne présidentielle de 2012.
  • Il est soupçonné d’avoir bénéficié d’un système de fausses factures mis en place par l’UMP pour dépasser le plafond des dépenses autorisées par la loi.

Pour l’avocat Alexandre Varaut, c’était « plutôt le 10 mai ». Mais pour son client, Philippe Blanchetier, « plutôt à l’automne ». Elise Arfi préférait, elle, le 25 mai. « Après, je suis aux assises… » Tout comme sa consœur, Solange Doumic. « La dernière date ne m’arrange pas du tout… », lâche-t-elle. Et encore faut-il que l'épidémie de  coronavirus soit un peu moins virulente.

Eric Morain n’y croit pas. Pour lui, il ne faut pas imaginer que le procès puisse se tenir avant la rentrée. Sauf que Nicolas Baïetto, le procureur qui connaît le dossier comme sa poche, doit justement être muté au tribunal judiciaire de Nanterre (Hauts-de-Seine) en… septembre. Et la 11e chambre, où l’affaire doit être jugée, est occupée de fin août jusqu’en 2022...

Le tribunal judiciaire de Paris a finalement tranché. Après une après-midi entière passée à tordre un agenda dans tous les sens, la présidente de la 11e chambre a annoncé le renvoi du procès de l’affaire dite « Bygmalion » du 20 mai au 22 juin prochains.

L’avocat de Jérôme Lavrilleux atteint par le Covid

La demande de report avait été formulée un peu plus tôt par Jérôme Lavrilleux dont l’avocat historique, Christian Saint-Palais, est atteint par le coronavirus et hospitalisé depuis une dizaine de jours. « Je ne méconnais pas l’effet perturbateur d’une telle demande [de renvoi] dans une affaire aussi longue et rassemblant autant de personnes, a ainsi expliqué Jean-Yves Le Borgne, son associé à la barre. Mais cette demande se fonde sur une cause exceptionnelle. Notre client Jérôme Lavrilleux met toute sa confiance dans cet avocat… » Autrement dit, le procès ne peut pas se tenir sans lui.

Quasiment dix ans après les faits, tous les protagonistes en ont convenu dans un prétoire aussi bondé que la distanciation sociale due à la pandémie le permet. Nicolas Sarkozy est, en effet, le seul des quatorze prévenus à avoir séché la journée d’ouverture de ce procès censé faire la lumière sur le dépassement des frais de campagne de sa campagne présidentielle de 2012.

Déjà condamné à de la prison ferme dans l’affaire dite « des écoutes de Paul Bismuth » au début du mois de mars, l’ancien chef de l’État encourt dans le dossier « Bygmalion » une peine d’un an de prison et 3.750 euros d’amende. Le juge Serge Tournaire estime qu’il n’était pas « informé » du vaste système de fausses factures lui ayant permis de disposer de 45 millions d’euros pour financer sa campagne alors que la loi lui interdisait de dépasser le plafond de 22,5 millions. Mais qu’il en a incontestablement « bénéficié ». Nicolas Sarkozy a déjà fait savoir qu’il se tenait « à la disposition du tribunal », selon son entourage.

Revivez en direct l’audience sur le compte Twitter de notre journaliste : @vvantighem