Attentat déjoué avant l'Euro 2016 : « Je reconnais uniquement les lois de mon Tout-Puissant », clame Reda Kriket à l'ouverture de son procès

PROCES Jugé pour avoir projeté un attentat à quelques semaines de l’Euro 2016, Reda Kriket a finalement accepté d’être représenté par des avocats pour le défendre face à « la loi qui n’est pas la [s]ienne »

Thibaut Chevillard

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Les six accusés sont jugés depuis lundi par la cour d'assises spéciale
Les six accusés sont jugés depuis lundi par la cour d'assises spéciale — BENOIT PEYRUCQ / AFP
  • Le procès de Reda Kriket et de six autres hommes, soupçonnés d’avoir projeté un attentat terroriste quelques semaines avant l’Euro 2016 de football, s’est ouvert ce lundi devant la cour d’assises spéciale, à Paris
  • Quelques mois après les attentats du 13-Novembre, un impressionnant stock d’armes avait été retrouvé par les enquêteurs de la DGSI dans un appartement loué sous une fausse identité par Reda Kriket. Ce dernier, considéré comme l’un des piliers de la cellule dite « d’Argenteuil », a toujours nié toute velléité terroriste.
  • Au premier jour de son procès, il a accepté d’être représenté par deux avocats même s’il ne reconnaît que « les lois de [son] Tout-Puissant ».

A la cour d’assises spéciale,

« On dit "Kriket" ou "Krikette" ? » demande le président de la cour d’assises spéciale, Laurent Raviot. « Krikette », répond depuis le box l’accusé âgé de 39 ans, cheveux courts et polo noir. A ses côtés, cinq autres hommes, jugés comme lui, depuis ce lundi, pour avoir projeté un attentat à quelques semaines de l'Euro-2016 de football. Un septième accusé, Anis Bahri, a été extrait de sa cellule mais a refusé d’assister à l’audience. « C’est dommage », souffle le magistrat, précisant que « l’audience va se poursuivre en son absence ». Au cas où il changerait d’avis, un avocat est désigné d’office pour assurer sa défense.

Reda Kriket, lui, avait récusé ses conseils, Xavier Nogueras et Yassine Bouzrou, la semaine dernière. Le président veut désormais savoir s’il maintient sa décision. L’accusé a préparé un long texte en guise de réponse. « Je ne souhaite pas qu’ils me défendent mais qu’ils défendent les articles de la loi qui n’est pas la mienne. Je veux qu’ils expliquent uniquement des faits », affirme-t-il. Avant de préciser : « Je reconnais uniquement les lois de mon Tout-Puissant. » Il sera donc finalement représenté lors de ce procès, prévu pour durer jusqu’au 9 avril.

L’accusé conteste « tout projet d’attaque terroriste »

Reda Kriket a « depuis le début contesté tout projet d’attaque terroriste sur le sol français », a déclaré à la presse l’un de ses avocats, Me Yassine Bouzrou. L’accusé, un délinquant multirécidiviste, avait été interpellé le 24 mars 2016 alors qu’il sortait d’une mosquée de Boulogne-Billancourt. Dans un appartement qu’il louait sous une fausse identité à Argenteuil (Val-d’Oise), les enquêteurs de la DGSI avaient découvert des fusils d'assaut, des armes de poing et du TATP, un explosif prisé des membres de Daesh. Trois jours plus tard, les policiers hollandais, qui venaient d’arrêter Anis Bahri à Rotterdam, mettaient la main sur 45 kilos de munitions supplémentaires.

L’ADN d'Abderrahmane Ameuroud, un vétéran du djihad qui s’était notamment rendu en Afghanistan entre juillet 2000 et septembre 2001, a été retrouvé dans l’appartement d’Argenteuil. Les cheveux longs attachés, barbe fournie, l’accusé, qui est défendu par Me Isabelle Coutant-Peyre, est assis à côté de Reda Kriket dans le box situé à droite de la salle d’audience. Les autres accusés sont regroupés dans celui de gauche, entourés de gendarmes lourdement armés. Tous sont jugés pour association de malfaiteurs terroriste criminelle. Reda Kriket est également renvoyé pour « usage de faux document administratif ». Il encourt la perpétuité.