Assassinat de Samuel Paty : La collégienne a reconnu avoir menti sur sa présence aux cours

ENQUETE Lors de sa garde à vue et de sa mise en examen pour « dénonciation calomnieuse », Z. Chnina a admis avoir menti et ne pas avoir été présente aux cours de Samuel Paty sur les caricatures du prophète Mahomet issues de « Charlie Hebdo »

20 Minutes avec AFP

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Une photo du professeur décapité Samuel Paty lors d'un hommage à Conflans-Sainte-Honorine, le 20 octobre 2020.
Une photo du professeur décapité Samuel Paty lors d'un hommage à Conflans-Sainte-Honorine, le 20 octobre 2020. — Lewis Joly/AP/SIPA

Un mensonge déclenchant le pire. La collégienne, dont les accusations contre Samuel Paty avaient fait naître la cabale qui a conduit à l'assassinat de l'enseignant, a reconnu en novembre avoir menti sur sa présence aux cours sur les caricatures de Mahomet, a-t-on appris lundi auprès de son avocat, confirmant une information du Parisien.

L’enquête avait rapidement établi que la jeune fille « était absente pour maladie » lors du cours dispensé le 6 octobre dans sa classe au collège du Bois d'Aulne, à Conflans-Sainte-Honorine (Yvelines), avait indiqué le procureur national antiterroriste le 21 octobre.

« Elle a menti car elle s’est sentie prise dans un engrenage »

Lors de sa garde à vue et de sa mise en examen pour « dénonciation calomnieuse » un mois plus tard, Z. Chnina a admis avoir menti en affirmant que le professeur avait demandé aux élèves musulmans de se signaler et de sortir de la classe lors de ce cours intitulé « situation de dilemme : être ou ne pas être Charlie ».

« Elle a menti car elle s’est sentie prise dans un engrenage, car des camarades lui avaient demandé d’être leur porte-parole », assure son avocat maître Mbeko Tabula. « Il y avait un vrai malaise, elle s’est sentie obligée d’en rajouter pour faire valoir ce message », défend-il.

Quatorze personnes mises en examen

Sur la base du témoignage de sa fille, par ailleurs menacée d’expulsion pour des problèmes de discipline, Brahim Chnina avait porté plainte contre l’enseignant et lancé une virulente campagne sur les réseaux sociaux avec l’aide d’un militant islamiste, Abdelhakim Sefrioui. Les deux hommes, mis en examen pour « complicité d’assassinat », sont en détention provisoire.

Informé par leur campagne de dénigrement, un réfugié tchétchène radicalisé de 18 ans, Abdoullakh Anzorov, s’était rendu le 16 octobre devant le collège. Contre de l’argent, des collégiens lui avaient permis d’identifier le professeur de 47 ans, qu’il avait décapité avant de s’en prendre à la police qui l’avait abattu.

Au total, quatorze personnes sont mises en examen dans ce dossier, dont six élèves du collège, trois amis de l’assaillant et trois jeunes en contact avec lui sur les réseaux sociaux.