Menton : La justice durcit le ton en faveur de l’assistance aux migrants à la frontière

DECISION Le tribunal administratif donne « huit jours » au préfet des Alpes-Maritimes pour donner à des associations un accès « ponctuel » à une zone de rétention

F.Bi. avec AFP

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Les locaux de la police aux frontières à Menton
Les locaux de la police aux frontières à Menton — Philippe Blet//SIPA

Invitée par la justice, fin novembre, à réexaminer la demande d’associations à pouvoir accéder aux préfabriqués abritant à Menton les migrants interpellés à la frontière avec l’Italie, la préfecture des Alpes-Maritimes n’avait pas donné suite. Saisi à nouveau, le tribunal administratif a, cette fois, demandé de remédier à la situation, estimant que ce refus portait atteinte à la « liberté d’aider autrui dans un but humanitaire ».

Dans une décision rendue jeudi soir, la juridiction enjoint le préfet à prendre une nouvelle décision « dans le délai de huit jours » pour donner un accès « ponctuel » à ces locaux « selon des modalités établies en concertation » avec Médecins du Monde (MDM) et l’Association nationale pour l’assistance aux frontières pour les étrangers (l’Anafé).

Les associations demandent la fermeture des préfabriqués

« C’est une injonction positive : le tribunal demande au préfet de nous donner l’accès », a réagi la directrice de l’Anafé Laure Palun, précisant tout de même : « Notre demande principale c’est la fermeture de ce lieu, dépourvu de cadre légal. »

Depuis leur aménagement en 2017 près des locaux de la police aux frontières (PAF) à Menton, « de nombreuses personnes sont retenues quotidiennement dans ces locaux munis de système de fermeture et de surveillance vidéo, pour de nombreuses heures », a noté le tribunal. En 2018, le contrôleur général des lieux de privation de liberté avait épinglé la PAF pour ces conditions de prise en charge « indignes et irrespectueuses des droits » des personnes étrangères à la frontière franco-italienne.