Ajaccio : Les assises requises pour des membres du « Petit Bar » dans l'assassinat d'Antoine Sollacaro

GRAND BANDITISME Trois membres présumés de la bande corse du « Petit Bar » sont accusés de l’assassinat du bâtonnier Antoine Sollacaro à Ajaccio en 2012

20 Minutes avec AFP

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Des enquêteurs près de la voiture Antoine Sollacaro assassiné le 16 octobre 2012 à Ajaccio
Des enquêteurs près de la voiture Antoine Sollacaro assassiné le 16 octobre 2012 à Ajaccio — PASCAL POCHARD CASABIANCA AFP
  • Le parquet de Marseille a requis un procès en assises pour trois membres présumés de la bande corse du « Petit Bar ».
  • Le chef présumé de cette bande et deux de ses proches sont accusés d’avoir participé à l’assassinat du bâtonnier Antoine Sollacaro à Ajaccio en 2012.

La cour d’assises va-t-elle bientôt se pencher sur l’assassinat du bâtonnier Antoine Sollacaro, mort le 16 octobre 2012 à Ajaccio ? Tel est du moins la réquisition du parquet de Marseille​, qui vise explicitement au terme de son enquête sur cet assassinat trois membres présumés de la bande criminelle corse dite du « Petit Bar ».

Le parquet réclame que Jacques Santoni, chef présumé du « Petit Bar », décrit comme « le commanditaire » et le « cerveau » de l’assassinat de Me Sollacaro soit jugé pour complicité de meurtre avec préméditation et association de malfaiteurs en vue de la préparation de ce crime.

Le témoignage clé d’un repenti

Dans son réquisitoire définitif daté du 15 février et consulté par l’AFP, le parquet décrit « une rivalité (qui n’est pas une fiction journalistique ou policière) entre le duo Alain Orsoni-Antoine Nivaggioni -dont Me Sollacaro était l’avocat- et l’équipe dite du « Petit Bar » ». Selon le parquet, cette rivalité était notamment fondée « sur une volonté de mainmise économique sur la Corse du Sud ».

Le parquet s’est notamment appuyé sur les déclarations de Patrick Giovannoni, une « petite main » de cette bande, qui a obtenu, en 2015, le statut de repenti. Gestionnaire du stock d’armes du Petit Bar, celui-ci a affirmé avoir reçu les confidences de Jacques Santoni, qui aurait déclaré après la mort de l’avocat : « C’est nous qui avons tapé ».

Un proche de Jacques Santoni visé

Autre membre présumé du Petit Bar, « organisation criminelle hiérarchisée autour du chef de clan », André Bacchiolelli devrait bénéficier, selon le parquet, d’un non-lieu « au bénéfice du doute » pour l’assassinat d’Antoine Sollacaro. L’accusation réclame cependant sa comparution devant les assises des Bouches-du-Rhône pour « association de malfaiteurs en vue de la préparation de ce meurtre, en état de récidive légale ».

Le parquet requiert aussi la mise en accusation pour association de malfaiteurs de Mickaël Ettori, « proche lieutenant de Jacques Santoni », pour son rôle dans l’organisation de réseaux de téléphonie occultes et la gestion d’armes et de véhicules, dont la puissante moto depuis laquelle le tireur a abattu le bâtonnier Sollacaro.