Seine-Saint-Denis : Deux frères placés en garde à vue après la mort d'un jeune à Bondy

ENQUETE L’enquête a été confiée à la police judiciaire du département de Seine-Saint-Denis

Manon Aublanc

— 

Un commissariat de police. (Illustration)
Un commissariat de police. (Illustration) — Clément Follain / 20 Minutes

Deux frères, âgés de 17 et 27 ans, qui se sont présentés d’eux-mêmes à la police, ont été placées en garde à vue dans le cadre de l’enquête sur le meurtre d’un adolescent à Bondy (Seine-Saint-Denis), vendredi, pour un simple « différend » aux motifs indéterminés, a annoncé le parquet de Bobigny, ce samedi.

« Les deux auteurs présumés se sont présentés et viennent d’être placés en garde à vue », a précisé le parquet de Bobigny.

« Une dispute » entre la victime et un jeune homme

Cette fois, cependant, « il apparaît qu’un différend opposait la victime et ses agresseurs depuis près d’un an sans que l’origine ne soit, pour l’heure, connue », a rapporté le parquet de Bobigny dans un communiqué. Les deux frères, « identifiés par des témoins », se sont présentés aux services enquêteurs samedi matin, ajoute-t-il. Selon les premiers éléments de l’enquête, une première altercation avait opposé la victime et les deux mis en cause vendredi. Les animateurs de la maison de quartier Nelson Mandela à Bondy étaient alors intervenus pour les séparer.

Puis le père de l’adolescent était venu chercher son fils mais une seconde altercation l’avait opposé aux deux frères restés à proximité, selon le communiqué. Vers 17 heures, « les deux individus circulant à bord d’un scooter revenaient sur place. Le passager arrière porteur d’une arme à feu se dirigeait devant la porte d’entrée de l’espace Nelson Mandela, glissait le canon dans l’entrebâillement de la boîte aux lettres (…) et faisait usage de son arme, blessant mortellement le jeune mineur », atteint à la poitrine, a précisé le parquet.

Le garçon décédé dans les bras de son père

Le père de l’adolescent, Ahmed Kaid, était présent. « Au moment où il (l’assaillant) a "attrapé" la porte, la directrice elle m’a dit "c’est lui c’est lui", il ne faut pas ouvrir la porte », a-t-il témoigné au micro de France 3. L’assaillant « a vu mon fils qui était debout, il lui a donné une balle au thorax (…) Le dernier mot qu’il (Aymen) m’a dit c’est "papa j’ai mal" », a confié le père, qui a vu son fils mourir dans ses bras. « On s’est dit que c’était des balles à blanc pour jouer là (…) Mais non c’était une vraie balle », a également relaté le père, sur BFM TV.

Le jeune garçon était réputé assidu au cours de boxe, avant les restrictions sanitaires dues à la pandémie de Covid-19. Dans un message posté sur Facebook, son entraîneur au club de Bondy, Christophe Hamza, le décrit comme « un bon garçon, volontaire et téméraire ». Le coach s’est dit « consterné », « abattu », « en colère » car la vie de l’adolescent « s’est arrêtée un vendredi, à l’heure à laquelle il était censé s’entraîner à la boxe ». Christophe Hamza a rappelé que les « clubs sont fermés depuis des mois » et que les « enfants tournent en rond », dans cette ville populaire située à moins d’une vingtaine de kilomètres au nord-est de Paris.

Un « appel général au calme et à la raison »

Un ami de la victime âgé d’une quinzaine d’années, Hassan, a parlé d’un adolescent qui « rigolait tout le temps » et « voulait toujours faire rire ses copains ». Ce genre de drame, « on ne voit ça dans les films et maintenant on voit ça en réalité, ça fait très mal au cœur », a dit le jeune garçon. L’attaquant du PSG Kylian Mbappé, originaire de Bondy, a rendu hommage au jeune Aymen. « Il n’y a pas d’au revoir pour nous. Peu importe où tu es, tu seras toujours dans le cœur des Bondynois. Repose en paix », a posté l’international français sur son compte Twitter.

Dans un communiqué posté sur Twitter, le maire de Bondy Stephen Hervé (LR), a évoqué « un drame atroce », survenu dans le bâtiment municipal servant de centre de loisirs. Il a salué « l’exemplarité des animateurs qui ont fait leur maximum pour protéger les jeunes qui fréquentent la structure ». L’édile a lancé un « appel général au calme et à la raison », tout en jugeant indispensable « une présence renforcée » des forces de police pendant plusieurs semaines dans sa ville. Selon la mairie, une cellule de soutien avait été mise en place « pour les témoins et l’entourage de la victime, profondément choqués ».