Montpellier : Le Refuge fait l'objet d'une enquête pour viol et harcèlement sexuel

ASSOCIATION La semaine dernière, un audit avait pointé des « dysfonctionnements » au sein de l’association Le Refuge qui vient en aide aux jeunes LGBT rejetés par leurs familles

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Le Refuge (illustration)
Le Refuge (illustration) — BALTEL/GHNASSIA ANTHONY/SIPA

L’association Le Refuge est au cœur d’une enquête pour viol et harcèlement sexuel, a appris 20 Minutes auprès de Fabrice Bélargent, le procureur de la République de Montpellier (Hérault), confirmant une information de Médiapart. Les investigations ont été confiées aux policiers de la Sûreté départementale de l’Hérault.

Cette enquête intervient alors que Nicolas Noguier, le fondateur de l’association montpelliéraine qui vient en aide depuis 2003 aux jeunes LGBT rejetés par leurs familles, a présenté sa démission, avait indiqué la structure, le 18 février.

« Suivi défaillant » et « salariés humiliés »

Un diagnostic, réalisé « par un cabinet extérieur et indépendant » avait conclu « à des dysfonctionnements structurels imposant une réaction forte et urgente », indiquait l’association, tout en « saluant l’action de celui sans lequel la Fondation n’aurait jamais pu exister ». L’association avait présenté des leviers pour améliorer son soutien aux personnes qu’elle accueille, notamment une formation de ses salariés, en particulier sur les questions de transidentité, et l’embauche de travailleurs sociaux dans chacune de ses antennes, « afin d’améliorer l’accompagnement des jeunes hébergé(e)s. »

En décembre, une enquête de Médiapart avait mis en évidence un « suivi défaillant des jeunes » hébergés par l’association et des équipes « humiliées ». Le média indiquait que « des dizaines de bénévoles et salariés ont quitté la fondation ».

De son côté, Elisabeth Moreno, ministre déléguée, chargée de l’Egalité entre les femmes et les hommes, de la Diversité et de l’Egalité des chances, avait souligné que les « dysfonctionnements observés au sein de la fondation Le Refuge sont graves. La vocation de cette fondation […] impose une exemplarité qui a été entachée ». De son côté, Michaël Delafosse (PS), le maire de Montpellier, avait confié qu’il suspendait les subventions versées à la fondation, « en attente d’une clarification ».