Haute-Loire : Sa compagne louait des chambres à des prostituées, un élu jugé pour « complicité de proxénétisme »

PROCES L'homme, élu en Haute-Loire, et sa compagne, comparaissaient ce jeudi devant le tribunal correctionnel du Puy-en-Velay (Haute-Loire)

20 Minutes avec AFP

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Illustration d'une salle d'audience dans u tribunal correctionnel de Rennes.
Illustration d'une salle d'audience dans u tribunal correctionnel de Rennes. — Camille Allain / 20 Minutes

Depuis son interpellation, l’homme a été déchu de tous ses mandats. Six mois de prison avec sursis ont été requis ce jeudi à l’encontre d’un conseiller départemental de Haute-Loire, poursuivi au tribunal correctionnel du Puy-en-Velay pour «complicité de proxénétisme», aux côtés de sa compagne pour laquelle le procureur a réclamé douze mois de prison avec sursis pour « proxénétisme ».

« Nous ne sommes pas face à des gens qui ont prostitué à marche forcée des personnes » mais « face à des gens qui ont toléré la prostitution », a déclaré le procureur Rodolphe Part. Réclamant six mois de prison avec sursis à l’encontre de l’élu, il a assuré ne pas vouloir « en faire un exemple » : « Mais il a commis des infractions et sanction il doit y avoir », a-t-il expliqué, requérant également une amende de 5.000 euros, mais aucune peine d’inéligibilité.

« Je me sens difficilement concerné »

Pour sa compagne, propriétaire du gîte et de l’immeuble où l’enquête avait relevé les faits de prostitution, il a requis douze mois avec sursis et une amende de 3.000 euros. « Je me sens difficilement concerné par ce qui arrive, je n’aurais jamais pensé que cela aurait un tel retentissement, je n’ai jamais touché quoi que ce soit qui provienne de chez Marie-Line », a déclaré l’élu, carrure imposante, cheveux blancs, à l’audience.

Il a admis avoir eu connaissance par la presse, quelques mois avant son interpellation, des activités de prostitution exercées par des femmes hébergées dans les gîtes de sa compagne : « Je lui avais dit de faire attention », a-t-il assuré. Silhouette fine, blonde, vêtue de noir, celle-ci a affirmé « avoir toujours œuvré dans le social » en travaillant avec différentes organisations d’aide aux démunis pour le compte desquelles elle louait des hébergements à des personnes en difficulté financière.

La prostitution, « je ne conteste pas que ça existait, mon établissement n’est pas le seul où il y a ce genre d’activité » mais « je n’ai jamais participé à quoi que ce soit qui favorise la prostitution », a-t-elle affirmé, disant avoir été « débordée ». « J’ai tout perdu : mon travail, ma famille, mon compagnon », a-t-elle expliqué en pleurs.

« Disproportion totale »

« Le sort réservé à Marc Boléa et son ex-compagne est ubuesque », a lancé Antoine Vey, avocat du prévenu, dénonçant la « disproportion totale » des investigations menées et plaidant la relaxe pour son client. L’homme et sa compagne avaient été interpellés début décembre à la suite d’une enquête sur l’activité de prostituées dans un gîte et un immeuble de la ville dont elle était propriétaire.

Les surveillances effectuées avaient confirmé la présence habituelle d’une douzaine de prostituées et de transsexuels originaires d’Afrique et d’Amérique du Sud dans neuf chambres louées. Les policiers du Puy-en-Velay avaient été appuyés par le Groupe interministériel de recherches d’Auvergne et le Service de police judiciaire du Puy-de-Dôme.

Le jugement a été mis en délibéré au 18 mars.

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